Mexico hop

A few galleries in Mexico city visited in March 

Quelques galeries à Mexico visitée en mars dernier

 

Almanaque fotografica : Making Appear,

Aglae Cortés (MX), Julie Escoffier (FR), Manuel H. Marquez (MX), Paul Mpagi Sepuya (USA), Ellie de Verdier (SW)

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Aglae Cortés, Aforismo visuales : Fraccion no. 5, 2015-2017, galerie Almanaque fotografica

The gallery Almanaque dedicated to photography presents a refined group show: Making appear. The illusionary world, the game of what we are and what we could be are well illustrated by an excellent selection of important artists in contemporary photography curated by independent curator and Almanaque’s manager: Aurélie Vandewynckele. The visual aphorisms by Aglae Cortés are particularly interesting. Beginning with human or architectural shape, the artist creates abstract works. The purity of the lines, the sobriety of the palette in every piece broaches the idea of horizons, of poetical fields.

The work of Julie Escoffier explores the extreme boundaries of photography, applying directly on plastic surfaces chemical products used in the process of film development. Here again, the result is totally abstract. But the most impressive work was those photographs by Paul Mpagi Sepuya. At first sight, it may looks like collages, but this American artist amazes and dupes the viewer with multiple-takes black and white photos, mirrors and montage. A lot of sensuality results from these bodies embedded within the others. Here is an illusionary world in which anyone would love to be trapped in.

 

 

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Paul M. Sepuya, Mirror Study, 2017, galeria Almanaque fotografica

Chez Almanaque, galerie spécialisée en photographie, on présentait une belle exposition de groupe, Making Appear. Le jeu des apparences, l’illusion des possibles y sont représentés par une très belle sélection d’oeuvres de grands noms de la photographie contemporaine, judicieusement choisies par la commissaire indépendante et directrice de la galerie Aurélie Vandewynckele. On y apprécie en particulier les aphorismes visuels d’Aglae Cortés, avec ses formes humaines ou architecturales converties en abstractions. La pureté des lignes, la mince palette de couleurs de chaque pièce évoquent en nous des horizons, des espaces poétiques.

Le travail de Julie Escoffier explore les limites extrêmes de la photographie en appliquant directement sur des matières plastiques des produits chimiques servant au développement de la pellicule. Là encore un travail totalement abstrait en résulte. Mais ce qu’on retient en particulier de cette charmante exposition sont les études avec miroirs de Paul Mpagi Sepuya. On croirait à première vue à des collages, mais l’artiste américain nous éblouit et nous confond avec des photos à multiples prises superposées, utilisant miroirs et montages. Les photos sont en noir et blanc et donnent à voir des corps imbriqués les uns dans les autres; un travail d’une grandes sensualité. Voilà un monde des possibles qu’on voudrait rendre bien réel.

 

Galeria OMR : Jose Davila, Mecanica de lo inestable

Entering OMR gallery, the visitor will first notice the refined and minimalist architecture to then discover a stunning solo show from Mexican artist Jose Davila. Playing with gravity, weights and counterweights, it seems Davila owes a lot to Newton! Integrating metal beams, rocks and helium balloons, his work is fascinating and a bit scary at the same time. The visitor, having to walk under suspended rocks hold by a steel wire attached to a steel beam or another rock, must show some kind of faith in the artist concept. Anyone can figure out how all this can work, this simplicity does not apply though when you try to imagine how this was installed, a performance we would like to see documented.

The quality of the installation and the presentation is somewhat something you would expect more to see in a museum than in a commercial art gallery and it compels respect. The work of Davila may recall of Richard Serra or Robert Smithson, but it mostly is inspired by architecture, the primary profession of the artist. Davila reflects on gravity, static and other topics rarely approached in the actual art world. Refreshing and certainly intriguing, Mecanica de lo inestable (Mechanic of the unstable) would deserve a museum tour, would deserve a large diffusion to be seen by all.

 

 

Jose Davila, Mecanisma de lo inestable, 2017, galeria OMR, photo : Normand Babin

La galerie OMR dont l’écrin architectural séduit par sa sobriété et sa noblesse, présentait en mars une exposition de l’artiste mexicain Jose Davila. Se jouant de et avec la gravité, les poids et les contrepoids, Davila doit décidément beaucoup à Newton! Intégrant poutres d’acier, roches et ballons gonflés à l’hélium, les œuvres fascinent et font tout de même un peu peur. Le spectateur doit témoigner d’une certaine foi en l’artiste, devant passer sous ces roches en suspension, soutenues par un fil de fer fixé soit sur une poutre ou sur une autre roche. D’une simplicité apparente, le visiteur comprend d’emblée comment le tout peut tenir debout, mais il est bien difficile d’imaginer l’installation de telles œuvres, une performance en soi qu’on voudrait voir documentée.

 La qualité muséale (ou muséable) de installation impose le respect. Le travail de Davila nous rappelle entre autre Richard Serra ou Robert Smithson et s’inspire de l’architecture, formation première de l’artiste. Davila réfléchit sur la gravité, la statique et autres phénomènes qui ne sont pas particulièrement familiers au monde de l’art contemporain. Rafraichissante, résolument intrigante, l’exposition Mecanica de lo inestable (Mécanique de l’Instable) mériterait de faire une tournée de plusieurs musées et institutions et d’être vues par tous.

 

Kurimanzutto : Sarah Lucas, Dame Zero

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Sarah Lucas, Dame Zero, 2018, Kurimanzutto, photo : Normand Babin

On March 17, the gallery Kurimanzutto, which is consider by many as the most important art gallery in Mexico city, hold the opening of Dame Zero by Sarah Lucas. Presenting her work for the first time in a commercial gallery in Mexico, the British artist was influenced by the city to create a provocative corpus. Here we talk about this newly scandalous thing that the cigarette has become, we also get to see a flock of eggs that made a tapestry, portraits of the artist and of Mexican immortals as Frida Kahlo and Diego Rivera and also furniture turned into podium to absurdity. This crude vision of humanity might hurt feelings but may be quite accurate when dealing with political correctness, propriety or respect of traditions. The cigarette is both used as material in construction of sculptures and as subject in Lucas’s work. She documented quite well her own smoking with large size photographs and claims the right to smoke, “a tangible way of taking her time”. The crashed car covered with waves of cigarettes recalls defiance towards death, self-destruction and self-challenge. Many of her works exude a positive and exuberant sexuality. Two huge phallus were worn as mascots and walked around within the distinguished guests during the opening. This amiable provocation might inhibit any tentative to theorize Lucas’s work.

Sarah Lucas is a real star in UK, she has shown her work all around the World but, might be wrong, has never been seen in Canada. Her work could shake positively and with humour the polite and politically correct society we live in.

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Sarah Lucas, Dame Zero, 2018, Kurimanzutto, photo : Normand Babin

Le 17 mars dernier, se tenait dans la galerie la plus importante de la ville de Mexico, Kurimanzutto, le vernissage de l’exposition Dame Zero de Sarah Lucas. L’artiste britannique qui présentait son travail pour la première fois en galerie à Mexico, s’est laissée imprégner de la ville folle pour créer un corpus provocateur. Il y est question de cigarettes, un élément de presque scandale en 2018, d’œufs qu’on lance sur un mur en si grand nombre que ça forme une tapisserie, mais aussi de portraits de l’artiste ou d’immortels mexicains tels Frida Kahlo ou Diego Rivera et de mobiliers transformé en socles à l’absurdité. Cette vision crue de l’humain pourra choquer les bien-pensants, mais n’en demeure pas moins une vision plutôt réaliste des défis actuels que posent la rectitude politique, la bienséance et le respect des traditions. La cigarette est utilisée

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Sarah Lucas, Dame Zero, 2018, Kurimanzutto, photo: Normand Babin

autant comme matériaux dans les sculptures que sujet dans l’œuvre. L’artiste y voit une façon de prendre son temps et ce fumage est bien documenté par d’immenses photographies. La voiture accidentée couverte de vagues de cigarettes traduit bien la défiance envers la mort, l’autodestruction, la prise de risque. Beaucoup d’œuvres exsudent une sexualité exubérante. Deux phallus d’environ 3 mètres de haut ont été portés comme une mascotte et ont fait une petite promenade parmi la foule de distingués invités lors du vernissage. Cette provocation bon enfant tend à démanteler toute tentative de théorisation du travail de Lucas.

Véritable star de l’art britannique, Sarah Lucas a présenté son travail un peu partout sur la planète mais, sauf erreur, n’a jamais été vu en sol québécois ou canadien. Une œuvre qui pourrait brasser la cage de façon positive et humoristique, provoquer de saines discussions dans nos terres polies et policées.

 

 

 

 

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