Montréal hop

Trois expositions en galeries vues fin avril à Montréal

Three shows in gallery seen in Montreal end of April

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Frédéric Cordier, An Error Occured, 2018 Galerie Laroche/Joncas

Frédéric Cordier : An Error Occured

Galerie Laroche/Joncas, 372, rue Sainte-Catherine Ouest, suite 410, Montréal   7 avril-12 mai

 

En noir et blanc, la galerie Laroche/Joncas accueille pour la première fois en ses murs l’artiste Frédéric Cordier. Le grand œuvre à ne pas manquer est de toute évidence ce papier peint hallucinatoire: un motif géométrique, des losanges, répété à l’infini mais brisé par endroit, comme une cassure dans le bon fonctionnement de l’engrenage. Frédéric Cordier s’intéresse à l’industrialisation, aux chaînes de montage, aux objets manufacturés. Il s’intéresse aussi, sinon plus, à ce qui brise la chaîne, ce qui interrompt le flux, comment la production s’en trouvera spoliée, dénaturée. Ce papier peint demande un certain temps d’observation, on y plonge le regard? Non, on y plonge tout court. Œuvre enveloppante, on en oublie presque le reste. Pourtant, là aussi, par ses dessins et ses linogravures tous échafaudés à partir de photographies, l’artiste surprend et séduit. Des lignes forment une trame, un fond, un peu comme si c’était une maquette pour fabriquer du tissu, et se brisent pour laisser apparaître des nuages ou la fumée de la cheminée, un édifice, etc. Là encore, le visiteur voudra s’attarder, en voir les détails, en comprendre la mécanique.

La galerie Laroche/Joncas a toujours su nous présenter, aux côtés de maîtres incontestés, de jeunes artistes brillants qu’il est intéressant de voir évoluer. Frédéric Cordier, tout jeune soit-il a déjà l’étoffe de la maturité, on a hâte de voir ce qu’il nous donnera à voir au cours des prochaines années.

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Frédéric Cordier, Vedute (Meta) 2018, encre sur papier, ink on paper Galerie Laroche/Joncas

Frédéric Cordier: An Error Occured

Laroche/Joncas Gallery, 372 Sainte-Catherine Street West, suite 410, Montréal. April 7 to May 12

 

In a slick black and white environment, the gallery Laroche/Joncas hosts for the first time a solo show by Frédéric Cordier. Without contest, the masterwork here is the hallucinatory wallpaper: a geometrical pattern, diamonds, repeated infinitely, but broken at some places as if there was a crack in the well function of the gearing. Frédéric Cordier is interested by industrialisation, assembly lines, manufactured objects. But also, if not more, by what breaks the line, what stops the flow, how the product will be affected, spoiled. This wallpaper requests some time to the visitor to be absorbed. The sight must follow the pace imposed by the work. Overwhelming, this work almost shades what else is to be seen in the gallery. However, the artist, once again, offers strong drawings and linocuts all based on photos. Surprising and eye-catching. Lines make a background, a bit similar to a pattern to weave fabric, and then break it to let us see clouds or the smoke from a chimney, a building, etc. These works also request time in order to observe all the details, to understand the mechanic behind.

Laroche/Joncas always had the flair to introduce to the public, asides some recognize masters, young and brilliant artists and they make their evolution interesting to follow. Frédéric Cordier, as young as he may be, can already be considered as mature. We can’t wait to see what he will have to show in the next upcoming years.

 

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Jim Verburg, Red, 2014 huile sur Mylar, oil on Mylar Galerie Nicolas Robert

Jim Verburg : Whatever Form This Moment Takes

Galerie Nicolas Robert, 10, rue King, Montréal   7 avril-12 mai

 

L’artiste torontois Jim Verburg présente à la galerie Nicolas Robert ce qui n’est certes pas une rétrospective, mais une série d’œuvres datant de 2014 à 2018 qui nous permet d’entre-apercevoir l’évolution de son travail. Première surprise, de la couleur : rouge orangé. Œuvre la plus ancienne de ce corpus, on perçoit déjà sa technique d’application des huiles/teintures/encres qu’il perfectionne depuis plusieurs années maintenant. Ce dégradé quoique délibérément abstrait nous laisse imaginer un paysage, sur Mercure peut-être. Ce qui nous amène à la toute dernière œuvre à avoir été produite qui, oh surprise, a un double discours, presqu’un hologramme. En apparence abstrait en sombres teintes de gris, le tableau nous fait entrevoir un ciel nuageux, lorsqu’on se déplace pour le regarder en diagonale, ou lorsqu’on modifie l’éclairage. De gros nuages noirs, en harmonie avec le monde tristounet auquel l’artiste nous a habitué. Entre ces deux pièces, une belle série de pièces aux champs de non-couleurs sur papier Mylar ou sur une espèce de trame, presque de jute lâche; des essuyages, des coulisses contrôlées. Un appel au calme est claironné. Ralentissez. Jim Verburg travaille et vit en-dehors de nos préoccupations quotidiennes, en-dehors du tourbillon exécrable de la séduction du client. L’artiste offre un travail rigoureux, qui évolue lentement. Si on sent très bien la gestuelle, on comprend aussi que cette gestuelle est lente, point d’improvisation ou d’élan dramatique, à des années lumières de l’automatisme ou de l’expressionnisme. Si on cherche une influence, on pensera plutôt aux jardins japonais zen avec leurs lignes asymétriques qui dirigent l’œil à leur guise.

Comme toujours ici, la présentation est impeccable, Le galeriste Nicolas Robert pourrait en remontrer à bien des musées sur la façon d’accrocher les œuvres sans qu’elles se nuisent ou s’annulent entre elles mais qu’elles se répondent plutôt. Un travail aussi minutieux que celui des artistes qu’il présente.

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Jim Verburg, Untitled (clouded), 2018 huile et peinture métallique sur Mylar, oil and metallic paint on Mylar, Galerie Nicolas Robert

Jim Verburg: Whatever Form This Moment Takes

Nicolas Robert Gallery, 10 King Street, Montréal. April 7 to May 12

 

Toronto artist Jim Verburg is showing at gallery Nicolas Robert what could certainly not be considered as a retrospective but a group of works from 2014 to 2018, which allows the visitor to have a glance at how his work evolves. Surprise! There has been some colors, at least once: red orange. Oldest work in the entire corpus shown, one can feel already his technique of spreading oil/dye/inks, technique he has been developing constantly over the years. This color gradation is intended to be abstract, but it is possible to imagine here a landscape, maybe on Mercury. Which brings us directly to the last work presented and produced where we can find a double meaning, almost a hologram. It is abstract, as expected, in dark shades of greys, but when the viewer moves a bit to watch the work from a diagonal line, or if the light changes some clouds appear. Dark clouds in accordance to the artist’s somewhat sad world. Between these two pieces, there is a very beautiful series of non-color field on Mylar paper or on some kind of weft, almost a loose jute or linen; some wiping or controlled slides. It screams to stay calm. Slow down. Jim Verburg lives and works outside our daily concerns, outside the ugly desire to please to the client. The artist offers a rigorous work, slowly evolving. The gesture is easily felt, but it is also obvious that this gesture is slow, not improvised or impulsive, not dramatic, as far as possible from automatism and expressionism. If one can find an influence, this will be from Japanese Zen gardens with their asymmetrical lines directing the eyes where it wants.

As always in this gallery, the presentation is perfect. The gallery owner Nicolas Robert could teach many museums how to hang works so they don’t compete or impair their effectiveness. Here, these works answer each other and breathe. A work in itself that is as rigorous as his artist’s.

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Angèle Verret, Trans/Percer, (detail) 1994 acrylique sur toile, acrylic on canvas Galerie Bellemare-Lambert

Angela Verret : Passage  

Galerie Roger Bellemare-Christian Lambert, 372, rue Sainte-Catherine Ouest, suite 501-502, Montréal     7 avril-12 mai

Professeure de plusieurs générations d’artistes et peintre renommée, Angèle Verret présente ces jours-ci à la Galerie Bellemare-Lambert cinq œuvres datant de 1994 à 2001. Alternant entre figuratif et abstrait, il faut comprendre que l’artiste s’est à priori intéressée à l’objet photographié pour bâtir sa peinture. La photographie permet de passer du nano au macro, d’extraire d’un sujet un détail si minuscule que le sujet devient une abstraction pure, la photographie peut s’avérée volontairement floue ou au contraire d’une clarté surnaturelle. C’est de tout cela qu’il est question dans cette brève exposition. Peindre des objets de si près ou de trop loin, ce qui les rend souvent abstraits (ou incompréhensibles). Il ne s’agit pas des œuvres les plus importantes de sa carrière, mais plutôt d’œuvres charnières qui lui ont permis de passer d’une période à l’autre dans son travail, des œuvres qui l’ont amener vers une nouvelle avenue, une nouvelle voie.

C’est dans la deuxième salle de la galerie, plus petite et intime que se trouve cette exposition précieuse. Angèle Verret fait partie depuis toujours de l’écurie de bonzes de l’art qu’est la galerie Bellemare-Lambert. Une galerie qui, sans tambour ni trompette, représente un grande nombre d’artistes qui feront l’histoire de l’art au Québec.

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Angèle Verret, N/B, 1998 acrylique sur toile, acrylic on canvas Galerie Bellemare-Lambert

Angela Verret : Passage  

Roger Bellemare-Christian Lambert gallery, 372 Sainte-Catherine Street West, suite 501-502, Montréal  April 7 to May 12

 

Teacher for a few generations of artists and acclaimed painter, Angèle Verret shows currently at Bellemare-Lambert gallery five works achieved between 1994 to 2001. Her constant shift between figuration and abstraction is explained by her first interest for photography, which is the base for her paintings. With photography, one can bring the smallest to magnification, can use the tiniest detail taken out of context to become a pure abstraction, photograph can be voluntarily blurry or on the opposite surrealistically clear. This is the main topic of this show. Paintings depicting objects from very close, or extremely far, making most of them abstract (or unexplainable). These are not the most important works she did in her entire career, but these are key works that allowed her to take a new path, the passage to a new period in her personal artistic history.

This precious set of works is shown in the second room of the gallery, a smaller and more intimate room. Angèle Verret is amongst a group of masters represented by the gallery Bellemare-Lambert. This gallery represents, without claiming it out and loud, many of the artists who will be part of the art history in Québec.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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