Robert Houle @ Aird Gallery

la version française se trouve en bas de page

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Robert Houle, Shaman Never Die, 2011 oil on canvas / huile sur toile

Robert Houle : Looking for the Shaman

Aird Gallery, 900 Bay Street, toronto

until July 6 / jusqu’au 6 juillet 2018

 

It is pretty obvious that indigenous art has long been under represented and under estimated. Must be said that before being recognized, it had to be known. It needed those, pretending a perfect knowledge of the (occidental) art history, to accept their ignorance and their incomprehension of this several centuries’ art and to finally have a look. Colonization buried for years and centuries an art form that today finally seems partly and sometimes awkwardly understood and included.

Still, there are some renowned indigenous artists who found a way around or maybe anticipated tendencies, who managed, early in their career, to be recognized to their true value. Robert Houle is one of those pioneers who, without compromising, succeed to make his voice heard within this jungle of egos in lack of superiority.

The entire work of Robert Houle is based on spirituality, its conception is based on a many times centenary memory. The exhibition Looking for the Shaman looks back on the painter’s past, on the heritage of his spiritual grandfathers. The memory, the resurrection through art of the spiritual power of his ancestors justifies a large part Robert Houle’s artwork. Which he did through various incarnations that can be seen in this mini retrospective of the work produced over the 10 to 15 last years. Sometimes it takes the shape of an icon, the type of icons one could devote to in the Orthodox religion, some shamans in black and white, contemporarily imaged (it recalls street art) but undated in their deepest signification. How to describe today a being, both human and immaterial, existing since the dawn of time. Although the shaman incarnates through different names in diverse civilisations, his (its?) powers and his ascendancy on his contemporary is always quite similar. The shamans of Robert Houle are the catalyst, the initiator of the artist he became.

There is also a second aspect of the work by Robert Houle. Apparently abstract these paintings could be described as expressionist although they also seem thoughtfully matured. Shapes and color fields are not implanted there by coincidence. There is some thinking behind what looks improvised, jazzy. Colors answer to each other, as spots and lines trace the trajectory for our sight. We face here a double accomplishment, a double outcome. The artist succeeds to embed a traditional and timeless spirituality into a contemporary art form. He welds the old and the experimental. Of course, abstract art is nothing new, but it is in constant evolution and there still is space for continuous experimentation. Spirituality has been expressed in many different ways in different eras, we could remember of Middle-Age artists as well as Kandinsky for example, Robert Houle takes up the torch in expressing in an abstract way a subject that is not less abstract.

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Robert Houle, Parflèche, (detail) 2015 + The Eagle Path (detail) 2015 mixed-media, graphite, acrylic on mylar / médiums mixtes, graphite, acrylique sur toile

In a more recent production, the artist reinvent traditional motives and makes out of them some subtle geometrical abstractions. These are paths he invites us to follow. His concerns are more about environment, a long-time sensitive subject for indigenous peoples, which makes his work less lyrical, more pragmatic.

Aird Gallery is located in a government of Ontario building. Quite similarly to artists centers, they present projects and exhibitions of artists from every generations without having to worry about the commercial aspect. The care for doing this properly impresses, the gallery was particularly mindful in placing the works in the space. Not only the what but also the where mean something in this type of exhibition. We can talk here about a good success. Seeing the watery and proud eyes of the artist on the opening convince us we enjoy his work as it should be seen. Only one flaw: the artist being able to express himself in three languages, it is with a bit of a disappointment we read all the information about the show exclusively in English.

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Robert houle, Shaman, 2011 oil on canvas / huile sur toile

 

Il est évident que l’art indigène a été jusqu’à aujourd’hui sous-représenté et surtout sous-évalué. Il faut bien le dire, avant de le reconnaître, il a d’abord fallu le connaître. Il a fallu que ceux/celles qui prétendaient tout savoir sur l’art (occidental) acceptent leur ignorance d’une pratique artistique plusieurs fois centenaire, admettent leur incompréhension pour enfin y jeter un œil. La colonisation a donc ensevelis pendant des années, des siècles, un art qui semble désormais partiellement et parfois maladroitement compris.

Il existe toutefois des artistes indigènes de renom qui, se riant des tendances, les appréhendant peut-être, ont été reconnus très tôt à leur juste valeur. Robert Houle est un de ces pionniers qui, sans faire de compromis, a réussi à faire entendre sa voix dans cette jungle d’égos en mal de supériorité.

Tout le travail de Robert Houle est imprégné de spiritualité et conçu à partir d’une mémoire plusieurs fois centenaires. L’exposition Looking for the Shaman porte un regard sur le passé même du peintre et sur l’héritage de ses grands-pères spirituels. Car la mémoire, la résurrection par l’art du pouvoir spirituel de ses ancêtres justifie une grande partie du travail de Robert Houle. Il y a donné différentes incarnations, dont cette micro-rétrospective de la production des 10-15 dernières années témoigne. Parfois ce sont de véritables icônes, celles qu’on admirent à l’instar des icônes de l’église orthodoxe, des shamans en noir et blanc, des images à la fois actuelles dans leur apparence (on pourrait y voir du street art) et indatables dans leur signification profonde. Comment parler aujourd’hui d’un être à la fois humain et esprit qui existe depuis la nuit des temps? Le shaman s’incarne sous diverses dénominations dans diverses civilisations. Ses pouvoirs et son ascendance sur ses contemporains sont toujours assez similaires. Les shamans de Robert Houle sont les catalyseurs, les instigateurs de l’artiste qu’il est devenu.

Mais il y a un deuxième volet à la pratique de Robert Houle. En apparence abstraite, ces peintures pourraient être qualifiées d’expressionnistes, quoiqu’elles semblent longuement muries. Les formes, les masses ne sont pas plantées là par hasard. Il y a un travail derrière ce qui semble improvisé, jazzé. Les couleurs se répondent alors que les taches, les lignes tracent la trajectoire de notre vision. On se trouve ici face à un double accomplissement, un double aboutissement. L’artiste réussi à intégrer une spiritualité traditionnelle et intemporelle à une forme d’expression contemporaine. Il soude l’ancien et l’expérimentation. Si l’art abstrait n’est pas nouveau, il demeure en constante évolution, et par là-même demeure un champ d’expérimentation continuel. Alors que la spiritualité a été exprimée de diverses façons à diverses époques de l’histoire de l’art, on pourrait penser autant aux peintres du Moyen-Âge qu’à Kandinsky, Robert Houle reprend le flambeau en exprimant de façon abstraite une pensée qui ne l’est pas moins.

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Robert Houle, Parflèche, (detail) 2015 mixed-media, graphite, acrylic on mylar / médiums mixtes, graphite, acrylique sur toile

Dans une production plus récente, l’artiste reprend certains motifs traditionnels et en fait de subtiles abstractions géométriques. Ce sont des chemins qu’il nous invite à suivre. Ses préoccupations sont plus environnementalistes, sujet depuis toujours d’une grande sensibilité chez les peuples indigènes, son travail devenant moins lyrique, plus pragmatique.

La galerie Aird est un espace d’exposition situé dans un édifice du gouvernement de l’Ontario. Un peu à l’image des centres d’artistes, on y présente des projets, des expositions d’artistes de toutes les générations sans avoir à tenir compte de l’aspect commercial. Le souci de faire les choses correctement impressionne, la galerie a porté une attention particulière à la disposition des œuvres. Non seulement le quoi, mais aussi le où ont leur signification dans une telle présentation. Aussi peut-on ici parler d’un grand succès. L’artiste lui-même arborait un sourire ému et fier lors de l’ouverture de l’exposition, on est ainsi convaincu de voir son travail comme il doit être vu. Un seul bémol, l’artiste étant capable de s’exprimer en trois langues, il est un peu étonnant de voir qu’ici toute l’information autour de cette exposition ne soit qu’en anglais.

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Robert Houle, Meditation, 2010 oil on canvas / huile sur toile

 

 

about the author:

Normand Babin is a professional pianist, working and living in Toronto since 2014, he also writes about arts for many years. In Montréal he was writing for his blog montréalistement, la Scena Musicale, La Recrue du Mois and others, he launched neomemoire in April 2018 where he is chief editor and author. 

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à propos de l’auteur:

Normand Babin est un pianiste professionnel, il vit et travaille à Toronto depuis 2014 et il écrit sur les arts depuis plusieurs années. À Montréal il écrivait pour son blog montrealistement, la Scena Musicale, La recrue du mois et autres, il a lancé en avril 2018 neomemoire où il agit à titre d’éditeur et d’auteur. 

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