Face à face

Mathieu Laca présentera Face à face à la galerie Thompson Landry à Toronto, du 21 juillet au 16 août. Voici son texte de présentation pour cette exposition. 

Face à face

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Mathieu Laca, Margaret Atwood, 2018 huile sur lin / oil on linen 122cm X 107cm | photo : Guy L’Heureux

Adolescent, je rêvais de devenir écrivain. Rien ne me semblait plus puissant que cette capacité à créer des mondes, à inventer des personnages et à imaginer des histoires simplement en griffonnant des feuille blanches avec de l’encre. Être écrivain m’apparaissait comme étant la chose la plus palpitante après le fait d’être Dieu. Ce n’est pas un hasard si les religions les plus prospères s’appuient sur des livres; le mot écrit jouit d’une autorité inégalée.

Quand nous lisons, nous permettons à quelqu’un de nous parler de très près. C’est comme si l’auteur nous chuchotait à l’oreille, alimentait notre esprit et enflammait notre imagination. L’expérience est on ne peut plus intime.

Lorsque j’ai choisi les œuvres pour mon exposition à Toronto, j’ai réalisé que presque toutes les sujets dont j’ai peint le portrait récemment étaient des écrivains. Ça m’a frappé. Ce n’était pas prémédité du tout! Bien sûr, un lien s’est établi simplement en lisant leurs écrits au fil des ans. Tous m’ont séduit à un moment ou à un autre : la vie de Charles Bukowski, ce glorieux raté de la poésie américaine, les dystopies glaçantes de vraisemblance de Margaret Atwood, l’enchanteresse et impitoyable Amérique du Sud de Gabriel Garcia Marquez ou encore l’implacable tendresse de Michel Tremblay envers les femmes. Mais cela n’explique pas totalement le besoin ressenti de les peindre.

En regardant la forêt de symboles qui composent la page d’un livre, quelque chose demeure caché. C’est là et ça ne l’est pas. Vous pouvez essayer de le pister mais c’est comme chercher des preuves de Dieu en plongeant la main dans un pot de jujubes. Éternellement insaisissable. Qu’est-ce que c’est? L’auteur. Omniscient et pourtant invisible. «Le grand marionnettiste.»

Dans cette série de portraits, mon désir était de déchirer violemment le voile de la page, à grands élans d’éclaboussures et d’empâtements. La peinture possède ce pouvoir. Je voulais me retrouver face à face avec ces écrivains, avec l’adolescent que j’étais et peut-être aussi un peu avec le divin.

 

 

Mathieu Laca : Face à Face

Galerie Thompson Landry, 32 Distillery lane, Toronto

du 21 juillet au 12 août, vernissage le 21 juillet à 14 heures en présence de l’artiste.

 

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