José Luis Torres @ Koffler

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José Luis Torres, Question d’adaptation, 2018 (Details) in-situ @ Koffler gallery photo : Normand Babin

José Luis Torres : Question d’adaptation

Koffler gallery, Artscape Youngplace, 180 Shaw Street, Suite 104-105, Toronto

jusqu’au 26 août / until August 26

 

La galerie Koffler se défini comme une plateforme culturelle mettant en contact des gens et des artistes de tous les milieux, elle provoque et ouvre la discussion sur de grands enjeux contemporains. La commissaire de la galerie Mona Filip excelle à laisser pleine latitude aux artistes, ce qui leur permet de développer leurs concepts et les aide à aller jusqu’au bout de leurs projets. Cette liberté inclus également la possibilité de transformer la configuration des lieux. On peut changer les murs de couleurs ou de place. Au final le public a la chance de s’immerger dans l’univers singulier de l’artiste qui y est présenté. On a pu y voir au printemps 2017 une presque rétrospective de 2Fik, ce qui nous a donner la possibilité de prendre la pleine mesure non seulement de son immense talent mais aussi de tout le chemin parcouru depuis ses débuts. Cet été, Mona Filip a invité un autre artiste québécois, José Luis Torres, à venir investir les lieux. Mission qu’il rempli allégrement.

Torres a une formation en art et en architecture. Né en argentine, il vit et travaille au Québec depuis plusieurs années. Le travail de José Luis Torres donne surtout dans le monumental, il excelle dans les installations, temporaires ou non, il créé des lieux inventé ou il réinvente des lieux existant. On a pu voir son travail dernièrement dans plusieurs événements, notamment le long de la Promenade fleuve-montagne, legs du 375e anniversaire de Montréal, il a réalisé plusieurs œuvres d’intégration à l’architecture et il a participé à Art souterrain Montréal, à la Manif d’art à Québec, au Symposium d’art contemporain de Baie Saint-Paul et enfin dans plusieurs symposiums internationaux de sculpture en Suède, au Mexique, en Allemagne, en Hollande… Sauf erreur, il en est toutefois à sa première présentation d’importance à Toronto.

Pour cette présentation, il aborde le thème de la migration sous l’angle de l’intégration en trois volet: « le camouflage, la réflexion et la construction ». Les murs de l’entrée de la galerie sont couverts de dizaines de miroirs anciens, question de voir où nous en sommes avant de plonger dans le ventre de la bête. Le visiteur se ballade dans un labyrinthe, à l’intérieur d’une immense installation in-situ. On côtoie des amas de meubles et d’objets en tous genres témoins des souvenirs, mnémoniques ou physiques, que tout migrant traine avec lui. L’itinéraire force à se pencher, à regarder autour de soi, à s’assurer que la voix est libre, à chercher l’issue. Nous envahissons en quelque sorte un lieu déjà envahi. À mesure que le visiteur avance dans l’installation, l’environnement s’épure, devient de moins en moins encombré. On se retrouve ensuite dans un long passage aux murs rouges et nus. La sortie est d’un jaune soleil et nous mène devant le suprême symbole nord-américain de la sédentarité et de l’accomplissement : le patio. L’espace au jardin où enfin on se reposera. Ilot de repos du guerrier.

À la fois merveilleux comme un château de Disney et trash comme un bidonville, à la fois rêve en couleur et cauchemar, cette installation de José Luis Torres demande un temps d’ingestion au visiteur pour en comprendre toute la portée. On a plus ou moins envie de s’attarder longtemps à l’intérieur de l’œuvre. Inconfortable, on y ressent peut-être l’inquiétante précarité de l’itinérance. La lisse froideur des passages monochromes pourrait représenter les interminables moments de complications bureaucratiques et les difficultés d’adaptation que doit vivre tout expatrié, l’impression de toujours se retrouver face à un mur. Subir et passer à travers tout ça pour avoir la chance un jour de posséder quelques chaises de jardins et une belle pelouse bien verte. À quoi donc correspondent le succès et la réussite?

Œuvre de critique sociale ouverte à plusieurs interprétations, chacun vivra Question d’adaptation selon ses expériences, son passé et ses désirs. Les lieux sont chargés d’objets, chargés d’émotions.

 

 

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José Luis Torres, Question d’adaptation, 2018 (Details) in-situ @ Koffler gallery photo : Normand Babin

Koffler Gallery is a cultural center bringing together people and artists from every communities, causes and opens debates on major contemporary topics. The curator, Mona Filip, excels in giving complete latitude to the artists presenting in the gallery, which allows them to develop their concepts to their full achievement, to go further and deeper into their projects. This freedom also includes the possibility to transform the space; it is always possible to change the color of a wall or to move it and even to tear it down. It ends up that the visitor has the privilege to immerse in the singular world of the artist presenting. During spring 2017 we have seen an almost retrospective of the Montreal artist 2Fik, it gave us the chance to take full understanding of his talent and the evolution in his practice. This summer, Mona Filip invited another artist from Québec, José Luis Torres to occupy the place. Challenge he successfully fulfilled.

Torres was trained both in arts and architecture. Born in Argentina, he has been living and working in Québec for many years. José Luis Torres’s work is at its best in the monumental and the grand, he is mostly known for his installations, temporary or not. He create imaginary spaces, he reimagines the existing ones. Lately, his work could be seen in many major events, notably on the Promenade fleuve-Montréal, created for the 375th anniversary of the city of Montréal. He realized many artworks to be integrated in architecture (1%), he participated to Montréal’s Art souterrain, to the Manif d’art in Québec city, to the symposium of contemporary arts of Baie-Saint-Paul, and to many international symposium in Sweden, Mexico, Germany and Netherlands. Unless I am mistaken this is his first important presentation in Toronto.

This exhibition brings up the thematic of migration and integration in three different parts: “camouflage, reflection and construction”. The walls of the lobby of the gallery have been covered with dozens of mirrors so we can check where we locate ourselves before getting into the eye of the storm. The visitor walks through a maze, inside this gigantic in-situ installation. We can see piles of all kind of different objects and furniture, witnesses of the past, physical or mnemonic souvenirs that any migrant carries through life. The path forces the visitor to bend, check around, make sure there is a free way, search for the exit. We crowd a space that was already overcrowded. As we move on, the surroundings cleanse, becomes less and less busy. We then face a long corridor of red and bare walls. The end of the labyrinth, the exit is made of a sunny yellow and brings us to a patio, supremely symbolic of North American’s sedentariness and accomplishment. This quiet space in the backyard where the warriors finally get a rest.

Both fantastic as a Disney castle and trashy as a slum, both a nightmare and an idealistic dream, this installation by José Luis Torres request some time for the visitor to ingest and understand its entire scope. One could not want to linger too much into the installation. It is more or less comfortable as you can feel the worrisome precariousness of the roaming. The slick coldness of the monochrome walls might be a representation of these never-ending bureaucratic complications and the difficult task of adaptation that any migrant must go through, the sensation of always facing a blind wall. Does all this turmoil lead to eventually have the privilege to possess a few chairs on a nice green lawn? How can be defined success and accomplishment?

This artwork is a social criticism and it is open to a whole spectrum of understandings. Each of us will experience Question d’adaptation accordingly to his/her know-how, past and desires. The space is fully loaded with objects and emotions.

 

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José Luis Torres, Question d’adaptation, 2018 (Details) in-situ @ Koffler gallery photo : Normand Babin

 

 

à propos de l’auteur:

Normand Babin est pianiste, il vit et travaille à Toronto depuis 2014 et il écrit sur les arts depuis plusieurs années. À Montréal il écrivait pour son blog montrealistement, la Scena Musicale, La recrue du mois et autres, il a lancé en avril 2018 neomemoire où il agit à titre d’éditeur et d’auteur. 

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about the author:

Normand Babin is a pianist, working and living in Toronto since 2014, he also writes about arts for many years. In Montréal he was writing for his blog montréalistement, la Scena Musicale, La Recrue du Mois and others, he launched neomemoire in April 2018 where he is chief editor and author. 

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José Luis Torres, Question d’adaptation, 2018 (Details) in-situ @ Koffler gallery photo : Normand Babin

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