Jean-François Lauda @ Angell Gallery + Fonderie Darling

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Jean-François Lauda, Untitled 2018, acrylique sur toile / acrylic on canvas 76 » X 60 »

Jean-François Lauda

Angell Gallery, 1444 Dupont Street, unit 15, Toronto

jusqu’au 29 septembre / until September 29

 

John Heward/Jean-François Lauda : The Silver Cord

745, rue Ottawa, Montréal

jusqu’au 9 décembre / until December 9

 

 

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Jean-François Lauda, vue de l’exposition / installation view, Angell Gallery photo : Alex Fisher

On a trop peu vu le travail de Jean-François Lauda au cours des dernières années: il a participé à quelques expositions de groupes, à quelques duos, notamment chez Antoine Ertaskiran à Montréal en 2017, mais son dernier solo à Montréal remonte à 2013 chez Battat. Fort heureusement, il semble que le commissaire et directeur associé de la galerie Angell à Toronto, Bill Clark, l’ait adopté et depuis quelques mois, il y présente certaines de ses œuvres. Sans surprise, ce travail est bien reçu. Les planètes se sont donc alignées: la galerie Angell organise la première présentation solo de Jean-François Lauda à Toronto et en même temps on inaugure une exposition dans la petite salle de la Fonderie Darling à Montréal, où il est couplé avec John Heward, qui lui occupe la grande salle.

Chez Angell, en entrant dans la vaste salle où sont exposées les grandes toiles de Jean-François Lauda, une image m’est immédiatement venue en tête, et elle demeurera longtemps imprégnée dans mon imaginaire. On retrouve dans cette présentation le même esprit et la même intensité paisible qu’on retrouve dans une salle remplie de toiles de Rothko. Facile direz-vous. Même type de technique, abstraction et couleur. Certes, mais il y a dans la composition des œuvres de Lauda, toutes de même format, disposées en symétrie, à une hauteur humaine pour que le visiteur puisse y entrer en laissant tout derrière, quelque chose d’aussi puissant que chez Rothko. Les masses de couleurs sont souvent rectangulaires en proportions de tiers ou de quarts. Les fondus sont certes plus fluides chez Lauda, les contrastes moins marqués et il y a un peu plus d’accros, d’accidents (provoqués va sans dire) que chez le grand peintre américain.

Lauda exécute un travail fort cohérent d’une qualité toujours égale (il y a probablement un peu d’édition ici). Rares sont les artistes qui évoluent tout en demeurant aisément reconnaissable au fil des cycles et des années: sa patte, sa signature est donc très forte. Les œuvres présentées à Toronto font partie du même cycle que celles présentées à la Fonderie Darling. On préférera parler de cycles plutôt que de séries, les œuvres se mélangeant assez facilement d’un cycle à l’autre. L’artiste me confiait qu’il lui arrive parfois de confondre ses propres œuvres de différentes périodes. Ici, le peintre propose un travail plus léger. Comprendre qu’il y a moins de couches, moins de textures. Si il n’utilise toujours que l’acrylique, la transparence lumineuse pourrait nous faire croire à de l’aquarelle (format extra-grand). On aperçoit même, ça et là, quelques espaces de toile crue mais aussi des formes très nettement dessinées, en couleur contrastante, petits OVNI profanant l’espace. Cette légèreté est donc moins accidentée par les coulisses et les splash alors que la couleur se dilue plutôt qu’elle ne se fond avec les autres. Il y a moins de lignes droites et claires, plus de masses qui remplissent la presque totalité de l’espace.

Le travail de Lauda s’appréciera avec autant de bonheur dans les espaces purs et blancs de la galerie Angell que dans l’univers industriel et un peu trash de la Fonderie Darling. L’artiste nous offre de grandes fenêtres sur l’infini, un instant méditatif empli de poésie.

 

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Over the last few years, we have seen very little of Jean-François Lauda’s work. He participated to some group exhibitions and to a few duet shows, notably at Antoine Ertaskiran Gallery in Montréal in 2017, but his last solo exhibition was in 2013 at Battat in Montréal. Lately, Toronto has been quite fortunate since the curator and associate director of Angell Gallery, Bill Clarke, endorsed his work so over the last months we could admire a few paintings. It comes with no surprise that Jean-François Lauda’s art is well received in Toronto. Planets aligned this fall so at the same moment we can see the artist’s first solo in Toronto at Angell Gallery and the opening of another show in the small room of the Fonderie Darling in Montréal where he is paired with John Heward who occupies the large space.

Entering the Angell Gallery in the vast hall where the large paintings of Lauda are hanged an image came to my mind, an image that was there to stay. This presentation has the same spirit and a similar quiet intensity one can find in a room filled with toiles by Mark Rothko. Obvious may you say: same type of technique, abstraction and colors. There is more: the composition of Lauda’s work, all in the same format, placed symmetrically, hanged to a human height so the visitor can immerse in the painting leaving the real world behind, the color fields often are rectangular in proportion of thirds or quarters: all these elements added together build a strength quite identical to what defines the Rothko experience. The differences reside in the more fluid transitions from one color to the other, in the less dramatic contrasts, and there are more accidents, more blips (well planned for sure), more splashes than in the practice of the American artist.

Lauda’s work is coherent and always performed with equal quality, there might be some editing behind this success. Here is an exceptional artist who evolves and stays recognizable through years and cycles. His distinct signature is strong. The paintings showed at Angell Gallery in Toronto are part of the same cycle of those presented in Montréal at Fonderie Darling. Considering the practice of Jean-François Lauda, we prefer to talk about cycles instead of series, artworks from different cycles can easily be mixed up. The artist confessed he himself sometimes gets confused with his own different periods of work. The group shown here is lighter, which means there are less coats of paint, less textures. He uses acrylic as usual, but its translucence makes it look almost as water-color (in an extra-large format). One can even notice here and there some spots of raw canvas and also some very clear shapes, in contrasting colors, small UFOs bombing the space. This lightness is less broken by accidents, drips and blips, and colors dilute more than melt into each other. There are less clear and straight lines; it is more masses of colors filling all the space.

The art of Jean-François Lauda will be appreciated as successfully in the white and pure spaces of the Angell Gallery than in the industrial and somewhat trashy environment of the Fonderie Darling. The artist gives us an open window on the infinity, a meditative moment of pure poetry.

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Jean-François Lauda, Sans titre, 2018 « The Silver Cord, » vue de l’exposition / presentation view Fonderie Darling photo : ©Maxime Boisvert

 

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Jean-François Lauda, Untitled 2018, acrylique sur toile / acrylic on canvas 61 » X 47 »

à propos de l’auteur:

Normand Babin est pianiste, il vit et travaille à Toronto depuis 2014 et il écrit sur les arts depuis plusieurs années. À Montréal il écrivait pour son blog montrealistement, la Scena Musicale, La recrue du mois et autres, il a lancé en avril 2018 neomemoire où il agit à titre d’éditeur et d’auteur. 

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about the author:

Normand Babin is a pianist, working and living in Toronto since 2014, he also writes about arts for many years. In Montréal he was writing for his blog montréalistement, la Scena Musicale, La Recrue du Mois and others, he launched neomemoire in April 2018 where he is chief editor and author. 

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