Symon Henry @ Chapelle historique du Bon-Pasteur

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Symon Henry, voir dans le vent, page 88

voir dans le vent qui hurle les étoiles rire, et rire

Les partitions graphiques de Symon Henry

Chapelle historique du Bon-Pasteur, 100, rue Sherbrooke E, Montréal

du 29 septembre au 16 décembre 2018

 

29 septembre, 13 h à 18 h: vernissage en la présence de l’artiste et avec la participation de la violoncelliste et médiatrice culturelle Emmanuelle Lizère,

16h30 : performance de Gabriel Dharmoo : Deuxième conte

26 octobre, 14 h à 17 h: Table ronde performative « Le mentir-vrai » :; avec Nicole Brossard, Christian Bujold, Mario Côté, Ana Tapia, Maude V. Veilleux et animé par Rachel Hyppolite

3 novembre, 14 h à 16 h: Répétition publique avec l’Ensemble SuperMusique

9 novembre, 19 h 30: Concert, interprétation d’une nouvelle version de voir dans le vent qui hurle les étoiles rire, et rire, avec l’Ensemble SuperMusique

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Symon Henry, voir dans le vent, page 75

 

Rares sont les événements réunissant arts visuels et musique contemporaine. Le compositeur montréalais Symon Henry présentera à la Chapelle historique du Bon-Pasteur, un lieu à la fois salle de concert et galerie d’art, une exposition de ses partitions graphiques appuyée par plusieurs concerts et événements mettant en relief son travail. Symon Henry n’écrit pas la musique comme les autres. Plutôt que de mettre des notes sur une portée, il conçoit des dessins, de véritables œuvres d’art qui pourraient très bien vivre par elles-mêmes, mais qui servent de guide pour les instrumentistes qui voudront interpréter ses musiques. Visuellement, on peut penser à Cy Twombly, à Betty Goodwin : des lignes impures, tremblantes, nervurées. Ces lignes se transforment en lignes mélodiques, les dynamiques varieront en accord avec les différentes intensités dans les traits. Nous lui avons demandé quelle part prenait le chef d’orchestre ou les interprètes dans l’exécution de ses œuvres. Il nous répond :

Cette question là est vraiment au cœur du projet. Je pense que « ça dépend ». C’est ce qui est intéressant de travailler avec des partitions graphiques. Quand je compose, mes partitions sont super précises. C’est à dire que tous les détails pourraient être fixés, les nuances, les rythmes. Mais à partir de ce canevas, de la partition graphique, dépendant à qui je m’adresse et dépendant des envies des gens avec qui je collabore, je module la marge de manœuvre de l’interprète. Par exemple la pièce d’accordéon et violon (Mâ’lesh I – leurs étreintes bouleverseraient la mer, 2018) est un peu emblématique parce que les deux interprètes n’avaient pas les mêmes besoins. La violoniste est de formation classique, elle s’épanouit pleinement quand le maximum d’informations est donné. Pour elle j’ai mis des rythmes super précis, des septelets, des quarts de tons, L’accordéoniste préférait quelque chose de plus ouvert. Ce qui fait que les deux instruments sur la même partition n’ont pas la même marge de manœuvre quant à ce qu’ils ont à jouer. J’avoue que c’est là quelque chose qui m’intéresse. Justement, voir dans le vent va être interprété dans le même genre de dualité. La partition était très fixée, avec barres de mesure, les dynamiques, pour l’orchestre symphonique de Québec. Pour Supermusique qui va le jouer en novembre, j’enlève 100% de ces repères-là. Ils ont le dessin, j’ai choisi la vitesse de défilement avec Danielle (Palardy Roger, directrice artistique de Supermusique). Du coup la responsabilité de Danielle est complètement différente de la responsabilité de Fabien Gabel (directeur de l’OSQ). C’est quelque chose que je trouve vraiment le fun dans cette démarche.

Est-ce que l’instrumentation est déterminée ? Si il y a plusieurs petites lignes, est-ce que le chef va savoir que la flute rentre là?

Pour la version de voir dans le vent pour l’OSQ, c’était 100% déterminé, quels violons, quel instrument, etc, tout était surligné dans la partition. Pour Supermusique, ce n’est pas le cas. Ils vont pourvoir décider en répétition, ils ont d’ailleurs beaucoup plus de temps de répétition. Ça va être beaucoup plus près de l’identité de Supermusique.

Les hauteurs de sons sont parfois déterminées, parfois pas. Est-ce que quelqu’un pourrait décider de faire ça en do majeur par exemple ?

La situation s’est déjà présentée à moi une fois. Ça m’a quand même confronté. L’interprète en question, un jeune chanteur, l’a fait par provocation. Il est arrivé, il l’a chanté en public, en sachant très bien qu’il jouait avec les règles. J’ai trouvé ça le fun qu’il ose me confronter. Mais ce que je lui ai dit à l’époque, et que je maintiens encore maintenant, est que dans les instructions j’écris clairement qu’il faut être cohérent avec l’esprit de la partition, l’esprit du dessin. Il voit une ligne qui monte un peu et il décide de la hachurer en do-ré-mi-fa-sol-la si-do, ce n’est pas être très cohérent avec le dessin. C’est un peu appliquer un calque qui ne fonctionne pas. Si quelqu’un pouvait me convaincre que do majeur est la meilleure façon de jouer…

Je vous demande ça, parce que dans 100 ans, vous allez être mort. En fait certains compositeurs ont entendu de leur vivant avec beaucoup de déplaisir l’interprétation de certaines de leurs œuvres…

Pour la version de voir dans le vent, je l’ai dépose au Centre de musique canadienne, une version pour marimba solo plus un orchestre à corde, c’est la version qui est toute fixée. J’ai déposé la version avec les éléments de Yannick Plamondon (qui a collaboré à la composition pour l’OSQ), et une version sans les éléments de Yannick. Si dans 50 ans quelqu’un veut jouer cette version, ce sera probablement très près de ce qui a été joué. Pour la version de SuperMusique, que j’ai également déposée, je l’ai mis pour orchestre de chambre. Quand je vois quelque chose que je n’aime pas, je me donne la liberté de retourner en arrière et de modifier la version déposée au CMC.

L’idée de mettre en image des partitions a déjà été explorée, Mario Côté par exemple a imaginé tout un système de codes, de signes et créé de grandes toiles qui reproduisent à la fois la partition et la forme des œuvres musicales. Chez Symon Henry la prémisse est contraire: la partition n’existe pas sans le dessin. Il y a relativement peu de couleurs, peu de formes mais plutôt des lignes, des traits. Dans une pièce qu’il est encore à élaborer, les couleurs se rapporteront aux différentes familles d’instruments.

 

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Symon Henry, je suis calme et enragé, esquisse / sketch

Mario Côté participera à une table ronde performative, avec des artistes de tous les disciplines : la poète et romancière Nicole Brassard, l’artiste performeur Christian Bujold et plusieurs autres. Au lieu de discuter, ils présenteront une performance. Voilà qui est pour le moins intriguant !

Enfin plusieurs œuvres du compositeur seront interprétées. Au cours du vernissage de l’exposition, le 29 septembre à 16h30, le chanteur-performeur Gabriel Dharmoo interprétera une composition que Symon Henry a écrit pour et avec lui en 2013 : Deuxième conte. D’abord créé en collaboration avec Yannick Plamondon pour l’OSQ à l’occasion de l’ouverture du pavillon Lassonde du Musée national des beaux-arts de Québec voir dans le vent qui hurle les étoiles rire, et rire, sera reprise cette fois par une formation de chambre, un orchestre habitué aux créations : SuperMusique. Cette version fera l’objet d’un enregistrement à paraître plus tard cet automne.

Les partitions seront visibles dans la salle arrière de la Chapelle historique du Bon-Pasteur (voir le vent comporte quelques 168 dessins), et pendant les concerts elles seront projetées sur écran. Ce qui rendra doublement intéressant ces performances. Une série d’événements à suivre et à chérir car ils sont peu fréquents dans notre paysage culturel.

 

Symon Henry :  WEB   

 

 

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Symon Henry, voir dans le vent, page 75

 

 

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Les partitions graphiques de Symon Henry

Chapelle historique du Bon-Pasteur, 100, rue Sherbrooke E, Montréal

from September 29 to December 16, 2018

September 29, 1pm to 6pm: opening, artist in attendance with the participation of Emmanuelle Lizière, cellist and cultural facilitator

4:30pm : performance by Gabriel Dharmoo : Deuxième conte

October 26, 2pm to 5pm : Performative panel « Le mentir-vrai » ; with Nicole Brossard, Christian Bujold, Mario Côté, Ana Tapia, Maude V. Veilleux, moderator : Rachel Hyppolite

November 3, 2pm to 4pm: public rehearsal with SuperMusique

November 9, 7:30pm: Concert, performance of a new version of: voir dans le vent qui hurle les étoiles rire, et rire, with SuperMusique

 

 

An exceptional event will bring in the same venue contemporary music and visual art. The Montreal’s composer Symon Henry will show at the Chapelle historique du Bon-Pasteur an exhibition of his graphic scores and this will be accompanied by a series of events and concerts. Symon Henry writes music as nobody else. Instead of writing notes on a staff, he makes drawings, serious artworks that could easily appreciated on their own, which will be used as a guide to musicians who will play his music. It may recall the art of Cy Twombly or Betty Goodwin for examples: unsure, shaking and webbed lines. These lines become melodic and dynamics will vary according to the intensity of them.

As we asked him how important was the role of the performer or conductor in his music, he answered that this was the core of his project. Some musicians will want a very detailed score, as much information as possible. Some will want more freedom, leaving doors open to possibilities. As an example, a piece he wrote for the Quebec Symphony Orchestra, voir le vent qui hurle les étoiles rire, et rire, will be done in a new version by a chamber orchestra, SuperMusique. For the QSO, he had to write every single detail. Where the second violins come in, which note is played, detailed rhythms. For SuperMusique, which is a group specialized in contemporary and improvised music, he left everything to their decisions. They only have set together the pace and the length of the music and the rehearsals will determine which instrument plays when, etc.

He deposits versions of his work at the Canadian Music Center, so someone in 50 years could choose between the orchestra version or the small ensemble one. He does not hesitate to sometimes go back and modify a version already deposed. The important point is to stay in the spirit of the score/drawing and follow the basics instructions he provides.

Aside the performance of his piece, voir le vent, by SuperMusique, there will be many events around this exhibition. Amongst them, a performanceon the day of the opening by Gabriel Dharmoo of a piece, Deuxième conte, he composed for and with him. Also there will be a “performative panel” where artists from different practice will presents short performances instead of sitting around a table and discuss.

The scores will be shown in the back part of the Chapelle and will be projected on giant screen during the performances. Which might ease the understanding of his music. Here is a rare series of events that should be followed with passion and interest.

Symon Henry:   WEB

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Symon Henry, voir dans le vent, page 78

 

à propos de l’auteur:

Normand Babin est pianiste, il vit et travaille à Toronto depuis 2014 et il écrit sur les arts depuis plusieurs années. À Montréal il écrivait pour son blog montrealistement, la Scena Musicale, La recrue du mois et autres, il a lancé en avril 2018 neomemoire où il agit à titre d’éditeur et d’auteur. 

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about the author:

Normand Babin is a pianist, working and living in Toronto since 2014, he also writes about arts for many years. In Montréal he was writing for his blog montréalistement, la Scena Musicale, La Recrue du Mois and others, he launched neomemoire in April 2018 where he is chief editor and author. 

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