Super Hot Sax!

Super Hot Sax!

presented by Continuum Music

Trinity St-Paul’s Center, Jeanne Lamon Hall, November 2, 2018, 8pm

Brian Current: conductor, Wallace Halladay : Saxophone, Michael Bridge: accordion

Program:

Jimmie Leblanc: The Wind Wrests My Words (2018)

Clara Iannotta: 3 sur 5 (2012/13)

Adam Scime: phase-amplique (2018)

Fausto Romitelli: Natura Morta Con Fiamme (1991)

Franco Donatoni : Hot (1989)

 

Sometimes, one may wonder where concert presenters get their ideas for the titles they give to concerts. Presented by Continuum, Super Hot Sax! had more than the right title.

The (always important) foreplay

To open the concert, we had the world premiere of a piece by Montreal’s composer Jimmie LeBlanc: The Wind Wrests My Words, a soft and windy music, whispered into our ears. Each of the three movements is to be listened as a long musical phrase, as a whole. The saxophone is acting more as part of the group than as a soloist. Actually, in this ensemble all sounds seem to blend with each other. The ensemble included a string quartet, a flute, a clarinet, a piano and percussions and also had an accordion. Never I had realized that well how the saxophone and the accordion could produce such similar sounds. This music evokes the cold, the space obliterated by the snow, the traces erased by the wind, the infinite dunes. A delicate sonorous weave where everything blends mixes, making our ears less trustable as they confuse every instrument.

In a total contrast, the work following had a very dynamic and rhythmical beginning. 3 sur 5 by Clara Iannotta brought under the spotlight the highly talented accordionist Michael Bridge who was surrounded by two percussionists. Michael Bridge brilliantly approached the work of the Italian composer. Clara Iannotta makes the three musicians explore every sound they can produce with their instrument, even the little noises made as they gently clap on their instrument without producing any note. She also ask to blow in an invented instrument made out of a garden hose looped on itself, which makes a sound close to the whale song. The second part of the piece explores long sustained notes; it becomes more lyrical and contemplative and brings to a somewhat dramatic ending.

phase-amplique by Adam Scime, also a world premiere, requested the largest number of musicians: five strings, flute, clarinet, trumpet, trombone, two percussions, piano, electronic and a soloist: the saxophone. It began wildly: closing our eyes we felt we could hear a big symphonic orchestra. Slowly but surely, the sonorous spew erodes bit-by-bit, downsizes to have less and less notes. But it will never get to the silence expected. The last bars of the Adam Scime’s creation took everyone by surprise. Felling of incompleteness, coitus interruptus, this surprise is also the signature of the artist’s achievement. The composer reflected on existentialist anxieties, ontological displacements, the feeling of being on the edge without any time to think, the clear feeling of not being able to accomplish.

Where the game gets serious

After the intermission, the action heated up and we heard what the musicians at Continuum are able of. The piece for string quartet and electronic by Fausto Romitelli is a work under influence. A work as hallucinated as it is hallucinatory. A shrieking perpetual movement that recalls Frank Zappa and Karlheinz Stockhausen at the same time. Natura Morta Con Fiamme made both the temperature and the tension higher in the room. Obviously prepared with a lot of care by the musicians, the work from 1991 has not lost anything of its relevance and its up-to-dateness. The audience get out of this performance a bit shaken.

The orgasm

Finally to close the night, Hot by Franco Donatoni, largely justified the enticing title that was given to the concert. Accompanied by a jazz band made of a clarinet, a trumpet, a trombone, a double-bass percussion and piano, the saxophonist Wallace Halladay could give us the full range of his exuberant talent. Donatoni tries here the impossible: to write in every detail a big piece of free jazz. It starts with a groovy walking-bass, a syncopated piano, an afire rhythm, harmonies à la Messiaen: it would not have need too much more to see everyone on their feet dancing. But everything goes wild, everyone looses it. To exceed in everything, to give it all and to create the hugest uproar. Up to there, the musicians could have seem to be in their own little bubble counting their notes, but at this point they had to watch what the conductor was giving them, so we could hear a gigantic and unanimous cry of joy and a super hot sax pleasure!

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Super Hot Sax!

présenté par Continuum Music

Trinity St-Paul’s Center, Jeanne Lamon Hall, 2 novembre, 2018, 20h

Brian Current: direction, Wallace Halladay : Saxophone, Michael Bridge: accordéon

Programme :

Jimmie Leblanc: The Wind Wrests My Words (2018)

Clara Iannotta: 3 sur 5 (2012/13)

Adam Scime: phase-amplique (2018)

Fausto Romitelli: Natura Morta Con Fiamme (1991)

Franco Donatoni : Hot (1989)

Parfois, on pourrait se demander où les promoteurs de concerts vont chercher leurs idées lorsque vient le temps de donner un titre aux concerts. Dans le cas de Super Hot Sax! présenté par Continuum, le titre était pleinement justifié.

Les préliminaires

Pour ouvrir le concert, nous avons eu droit à la première mondiale d’une pièce du compositeur montréalais Jimmie LeBlanc : The Wind Wrests My Words, une œuvre soufflée, chuchotée dans nos oreilles. Chacun des trois mouvements se vit d’un bloc, comme trois longues phrases musicales. Le saxophone fait parti de l’ensemble plutôt qu’il ne le domine. Ici d’ailleurs, tous les sons semblent se confondre : l’ensemble, qui comprend un quatuor à corde, une flûte, une clarinette, un piano et des percussions, intègre également l’accordéon. Jamais on aura entendu aussi clairement le saxophone et l’accordéon produire des sonorités à ce point similaires, rivales presque. Cette pièce évoque le froid, l’espace blanchi par la neige, les traces effacées par le vent, les dunes infinies. Un tissu sonore délicat où les sons s’enchevêtrent les uns dans les autres, nous faisant perdre confiance en nos propres oreilles, nous faisant confondre les instruments entre eux.

Tout en contraste, venait ensuite, avec un début très dynamique et rythmique 3 sur 5 de Clara Iannotta. L’excellent accordéoniste Michael Bridge, entouré de deux percussionnistes, brille ici de milles feux. La compositrice italienne explore toutes sortes de sonorités dont les multiples bruits que les musiciens peuvent faire en tapant gentiment sur leurs instruments sans toutefois jouer de notes. Elles demandent également aux trois musiciens de souffler dans un instrument de son invention, sorte de boyau d’arrosage enroulé sur lui-même, faisant des sons proches du chant des baleines. La deuxième partie de cette pièce explore les sons longs et filés. Plus lyrique et contemplative, cette seconde partie mène à une fin presque dramatique.

phase-amplique d’Adam Scime demandait le plus grand nombre de musiciens : 5 cordes, flûte, clarinette, trompette, trombone, 2 percussions, piano, électronique et un soliste : le saxophone. Commencée sur les chapeaux de roues, on croirait entendre un grand orchestre, le magma sonore s’étiole petit à petit, s’épure. Sans jamais toutefois parvenir au silence espéré. Les dernières mesures de la nouvelle création d’Adam Scime, ont pris tout le monde par surprise. Sentiment d’incomplétude, coït interrompu, surprise signe de succès. Le compositeur a réfléchi sur les anxiétés existentielles, les dissociations ontologiques, le sentiment d’être sur les dents, sans le temps de se (re)poser, la nette impression de ne pas réussir à (se) compléter.

Là où les choses deviennent sérieuses

Après la pause, les choses se sont corsées et ont a pu entendre de quel bois les musiciens de Continuum se chauffaient. La pièce pour quatuor à cordes et électronique de Fausto Romitelli témoignait d’un artiste sous influence. Une œuvre hallucinée tout autant qu’hallucinogène. Un perpetuum mobile strident, évoquant autant Frank Zappa que Karlheinz Stockhausen, Natura Morta Con Fiamme (Nature morte enflammée) a fait monter la température et la tension dans la salle. Visiblement travaillée avec beaucoup de soin par les musiciens, l’œuvre de 1991 n’a rien perdu de sa pertinence ni de son actualité. On sort de cette écoute secoué.

L’orgasme

Enfin, pour clôturer la soirée, Hot de Franco Donatoni justifiait amplement le nom aguicheur donné à la soirée. Accompagné d’un jazz band composé de trompette, trombone, clarinette, contrebasse, percussion et piano, le saxophoniste s’en donne à cœur joie et donne la pleine mesure de son exubérant talent d’interprète. Donatoni tente ici de réussir l’impossible: écrire dans ses moindre détails une pièce de free jazz. Ça commence avec un walking bass, un piano syncopé, une rythmique enlevante, des harmonies à la Messiaen : on se lèverait presque pour danser un peu. Mais tout prend le champ, ça déborde de partout. Excéder en tout, se ménager en rien et créer un immense tapage. Si jusqu’ici les musiciens semblaient parfois un peu dans leur bulle à compter leurs notes, ils ont eu à lever les yeux vers le chef, pour nous faire entendre un immense et unanime cri de joie, de jouissance de super hot sax.

 

 

 

about the author:

Normand Babin is a pianist working and living in Toronto since 2014, he also writes about arts for many years. In Montréal he was writing for his blog montréalistement, la Scena Musicale, La Recrue du Mois and others, he launched neomemoire in April 2018 where he is chief editor and author. 

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à propos de l’auteur:

Normand Babin est pianiste, il vit et travaille à Toronto depuis 2014 et il écrit sur les arts depuis plusieurs années. À Montréal il écrivait pour son blog montrealistement, la Scena Musicale, La recrue du mois et autres, il a lancé en avril 2018 neomemoire où il agit à titre d’éditeur et d’auteur. 

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