Araz Salek, Adam Rudolph & GO: Organic Orchestra @ Music Gallery

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Adam Rudolph

la version française se trouve en bas de page

Dastgah

Go: Organic Orchestra, Adam Rudolph: conductor, Araz Salek: tar

Sadaf Amini: santour | Hamidreza Khalatbari: kamanche | Araz Salek: tar | Jonathan Adjemian: tuned piano | Ernie Tollar: ney | Aline Homzy: violin | Nelson Moneo: violin |Rob Clutton: double bass | Karen Ng: clarinet | Emily Denison: trumpet |Peter Lutek: bassoon | Jay Hay: saxophone | Pedram Khavarzamini: tombak | Brandon Valdivia: congas | Nick Fraser: drums

Adam Rudolph is a pioneer in world music. This percussionist has associates with the most famous names in contemporary jazz and has an interest in musical traditions from everywhere on the planet. He spent a few years in Ghana to study, he specialized in North Indian music, notably via the learning of yoga practice, he played with famous Arabian artists, he actually spent his entire career trying to understand diverse types of music and trying to integrate them in his own practice. He also created the GO: Organic Orchestra. This orchestra always transforms itself and has different musicians everywhere it goes, incorporating musicians from all traditions. The GO: Organic Orchestra is more a principle than it is an ensemble: it aims to unite musicians from different training in order to get a one-night homogenous ensemble. It gathers under the same roof cultural diversities. If it seems many occidental musicians with strong jazz experience are part of the ensemble, the non occidental trained musicians added will eventually help them with some ear training and teach musical theory so in the end it creates a new type of music, a new language.

Adam Rudolph is the binding agent in these performances. He writes music scores where only some rhythmic cells, short melodies, sequences or chords can be found. These elements are numbered and he uses them during the concert. He conducts, give the beat as any conductor, but then he can ask for number 7, or he makes a shape with his hands: a circle, a triangle, and musicians refer to the score.

The tar player Araz Salek imagined the concert in Toronto this weekend. He is originally from Iran and he participated in 2016 to a concert with the GO: Organic Orchestra and Adam Rudolph. He wanted to repeat the experience bringing some Iranian colleagues with him and also adding some Iranian musical tradition to the event. Not only some Iranian music instruments were included, but also some of the traditional melodic modes with quartertones. The audience had the chance to hear a very solid and fantastic ensemble. Most of them being some of the finest jazz musicians from Toronto, hand in hand with Iranian musicians. Visibly inspired, they all gave a lot through the performance: on tune, super tight and powerful. Unfortunately, Iranian music instruments produce very delicate sounds and even amplified they were sometimes covered by the ensemble; on the good side, there were some remarkable solos. The percussion is what the score drawn by Rudolph and the ensemble are based on. Everything seems to build around and from the group of percussions, not only providing the tempo but also the ambiance. So this is how the rhythm of an Iranian song can be mixed with the rhythm of a South-American dance. The mix of the styles happens naturally, without us noticing.

As it happens in large cities, blending happens on many levels. Here sounds, tonalities and modes, rhythms and melodies, harmonies and styles blend all together, making a new whole. A mix of traditions, which through the formulas of jazz improvisations creates a new tradition. As generations of humans are less and less from one-only origin, the creation of music feeds itself from diverse traditions. We finally see ourselves asking how it could have been before. It has been a while now that traditions and diversities copulate to give birth to new practices.

This is in fact what is to be remembered from Dastgah concert: the blend is made so easily that we do not necessarily hear something new. The same way nobody will be surprised by someone having DNA roots from Asia, Europe and Africa, today nobody will fall from their chair hearing a samba flavoured with Iranian quartertones. Why doing this music now then? To make us dream and to consolidate hope for a better future. If blending is quite the norm, unfortunately the conflicts between diversities are too frequent. This music comforts because it is peaceful, the music produced by Adam Rudolph and the GO: Organic Orchestra helps us seeing a better World. We live in an era where some are afraid to be “invaded”, to be denied, forced into stranger’s faith; we live in an era where we can see more than ever diverse people living in the same environment, but also in an era where too many easily exchange the “t” in nationalism to a “z”, we live in an era where some would prefer to level everything before discovering. It seems this music is essential.

Araz-SAlek
Araz Salek

 

Dastgah

Go: Organic Orchestra, Adam Rudolph: direction, Araz Salek: tar

Sadaf Amini: santour | Hamidreza Khalatbari: kamanche | Araz Salek: tar | Jonathan Adjemian: piano 1/4 de tons | Ernie Tollar: ney | Aline Homzy: violon | Nelson Moneo: violon |Rob Clutton: contrebasse | Karen Ng: clarinette | Emily Denison: trompette |Peter Lutek: basson | Jay Hay: saxophone | Pedram Khavarzamini: tombak | Brandon Valdivia: congas | Nick Fraser: percussions

 

Adam Rudolph est un des pionniers de la musique du monde. Percussionniste, il s’est associé aux plus grands noms du jazz contemporain, il s’est intéressé aux musiques traditionnelles d’à peu près partout sur la planète. Il a passé quelques années au Ghana pour y étudier, il s’est frotté aux musiques indiennes, notamment via une pratique approfondie du yoga, il a joué avec de grands musiciens arabes, en fait il a passé toute sa carrière à essayer de comprendre la musique de partout, à essayer de l’intégrer à sa pratique. Il a ainsi conçu le GO : Organic Orchestra. Un orchestre qui se transforme et qui a des musicien.es différent.es partout où il passe, s’arrimant des artistes de tous les horizons. L’orchestre est ici un principe plutôt qu’une formation. Réunir des pratiques musicales différentes pour en faire un ensemble homogène d’un soir. Réunir sous un même chapeau les diversités culturelles. Si il semble y avoir une bonne proportions de musicien.es occidentaux, avec de fortes accointances avec le jazz, les musicien.es qui se rajoutent à l’ensemble enseignent aux autres leurs techniques, leurs théories musicales et toutes et tous forment ensemble un nouveau type de discours.

Adam Rudolph est donc le liant dans ces prestations. Il écrit une partition où on ne trouve que quelques cellules rythmiques, de courtes mélodies, des séquences ou des accords. Numérotés, ces éléments serviront au moment du concert. Il gesticule, bat la mesure comme tout chef d’orchestre, mais s’il appelle numéro 7, s’il fait une forme avec ses mains, un cercle, un triangle, et les musicien.es se réfèrent à la partition et s’exécutent.

Le concert à Toronto avait d’abord été pensé par Araz Salek. Musicien d’origine iranienne, il avait participé en 2016 à un concert avec le GO : Organic Orchestra et Adam Rudoplh et rêvait de répéter l’expérience mais en y adjoignant une poignée de collègues également iraniens et en y mettant aussi un peu de la théorie musicale iranienne traditionnelle. On a donc non seulement intégré les instruments, mais aussi les modes mélodiques qui comprennent entre autres choses les quarts de tons. Nous avons eu devant nous une formidable et très solide formation. La plupart étant des artistes de jazz reconnus main dans la main avec ces musicien.es iraniens. En feu, ils ont énormément donné pendant cette performance. Justesse, synchronisme, puissance. Malheureusement, les instruments iraniens, même amplifiés, demeurent relativement délicats et leur son se perdait trop souvent dans l’ensemble, en revanche il y avait plusieurs solos admirables. La percussion constitue autant la base de la partition dessinée par Adam Rudolph que la base de l’ensemble. Tout semble se construire autour et à partir du groupe de percussionnistes, imposant non seulement un tempo mais une ambiance. Et c’est ainsi que parfois, le rythme d’un chant iranien peut se confondre avec celui d’une danse sud-américaine. Le mélange des styles se fait sans qu’on y prenne garde, tout naturellement.

À l’image de la population des grandes villes, le métissage se réalise à tous les niveaux. Les sons, les tonalités et les modes, les rythmes et les mélodies, les harmonies et enfin les styles ne forment plus qu’un grand tout. Un mixe des diverses traditions qui, empruntant les formules d’improvisations propres au jazz, génère ce qui semble une nouvelle tradition. Comme avec les générations les humains sont de moins en moins d’une seule génétique, la création en musique se nourrit autant de ses propres traditions que de celles des autres. Au final, on en vient presque à se demander comment ça pouvait être avant. Il y a maintenant un certain temps que les traditions, les diversités copulent entre elles et enfantent de nouvelles pratiques musicales.

C’est d’ailleurs ce qui est à retenir du concert Dastgah; le mélange se fait désormais si aisément qu’on n’y entendra pas nécessairement quelque chose de nouveau. Tout comme nul n’est aujourd’hui étonné d’apprendre qu’une personne ait dans son ADN des racines asiatiques, persanes et africaines, aujourd’hui donc personne ne tombera à la renverse d’entendre une samba mâtinée de ¼ de tons iraniens. À quoi sert donc cette musique aujourd’hui? À la fois à nous faire rêver et à nous conforter, car si les métissages sont courants, les mésententes interraciales sont malheureusement également trop fréquentes. Cette musique réconforte car elle est en paix avec elle-même, la musique que produisent Adam Rudolph et le GO : Organic Orchestra nous fait voir un monde meilleur. À une époque où certain.es on peur d’être « envahie », d’être spolié, embringuer dans les croyances de l’autre ; mais aussi à une époque où jamais les diversités n’ont été appelés à se côtoyer à ce point ; à une époque où les nationalismes remplacent trop aisément le « t » par un « z » ; à une époque où certains croient encore à un nivellement plutôt qu’à la découverte, il semble que cette musique soit absolument essentielle.

 

 

 

about the author:

Normand Babin is a pianist working and living in Toronto since 2014, he also writes about arts for many years. In Montréal he was writing for his blog montréalistement, la Scena Musicale, La Recrue du Mois and others, he launched neomemoire in April 2018 where he is chief editor and author. 

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à propos de l’auteur:

Normand Babin est pianiste, il vit et travaille à Toronto depuis 2014 et il écrit sur les arts depuis plusieurs années. À Montréal il écrivait pour son blog montrealistement, la Scena Musicale, La recrue du mois et autres, il a lancé en avril 2018 neomemoire où il agit à titre d’éditeur et d’auteur. 

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