Portrait : Naishi Wang

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Naishi Wang in 15 X la nuit, Ottawa photo : Richard Rhyme

La situation géopolitique et les riches traditions folkloriques de la ville natale de Naishi Wang, Changchun, ont fortement influencé son travail. Changchun est située au nord de la Corée du Nord, à l’ouest de Vladivostok en Russie et à l’est de la Mongolie. La ville de Changchun est une des plus anciennes villes industrielles chinoise. L’air y est vicié, beaucoup de ses habitants y développent des maladies pulmonaires. La loi de l’enfant unique a en quelque sorte amenée le jeune garçon vers la danse. N’ayant à peu près personne à qui parler, très timide, ses parents travaillent six jours semaines, il est élevé surtout par ses grands-parents donc il commence vraiment à parler qu’à partir de l’école élémentaire. Mais la danse est rapidement devenu son moyen privilégié d’expression. Sa formation en danse est basée sur diverses traditions. Il a au cours de sa formation, qu’il décrit comme « hard-core », appris le ballet « à la » russe, les danses traditionnelles mongolienne et tibétaine et celles des différentes provinces chinoises. Arrivé au Canada en 2004, il complétera sa formation et découvrira un nouveau monde au sein de la School of Toronto Dance Theater.

Fort de tout ce bagage, il entre au sein de la compagnie du Toronto Dance Theater en 2006 où il travaille avec plusieurs chorégraphes jusqu’à son départ en 2015. Il va ensuite à Berlin pour travailler avec le chorégraphe Christoph Winkler, ce qui l’amène à rencontrer Françoise Hüsges, dramaturge pour la danse devenue depuis directrice artistique du Monsun Theater de Hambourg, où il se produira dans quelques jours. À Montréal, il est demandé par Paul-André Fortier, qu’il a connu au cours de ses études, pour interpréter le fameux solo, 15 X la nuit, que Fortier a confié à bien peu de danseur jusqu’ici. Ce solo exige d’être dansé 15 soirs consécutifs, peu importe les conditions météorologiques. Si Naishi continue de travailler en freelance pour divers chorégraphes, surtout à Toronto, c’est désormais vers la création qu’il souhaite se tourner. Il a muri, il a retenu beaucoup de choses, il souhaite faire entendre sa propre voix, son propre langage. « Reproduire des mouvements est une chose, mais produire du sens à partir de recherches en est une autre » nous dit-il.

TakingBreath est donc son premier opus. Présenté au printemps dernier à Toronto, voilà qu’il s’apprête à l’offrir au public hambourgeois à la mi-décembre et au public montréalais à la mi-février. Étant originaire d’une ville où la pollution industrielle de l’air provoque de multiples dommages au corps humain, le jeune chorégraphe s’est penché sur comment l’air et notre façon de l’absorber influait sur notre vie. « Nous ne savons pas vraiment ce que l’air contient, seul le corps peut nous le dire, après une longue période de temps». C’est donc toute une recherche autour du concept de la respiration et de l’air que représente cette chorégraphie. Taking Breath est venu du désir d’utiliser la respiration à la fois comme langage du corps en mouvement et langage musical. Des grelots portés en bracelet scandent le rythme et amplifient la gestuelle. Le rythme de la respiration diffère selon le niveau de fatigue, de stress. La respiration provoque le mouvement, tout autant que le mouvement transforme la respiration. TakingBreath questionne donc le langage en soi : tant le langage chorégraphique que le langage parlé.

Ce sont d’ailleurs sur ces questionnements sur le langage que se penchera également le prochain travail chorégraphique de Naishi Wang. En collaboration avec Lukas Malkowski, il remet en question notre façon de communiquer. Le sens réel des émojis, en quoi correspondent-ils par exemple à de réelles émotions. Celui qui utilise l’émoji qui rie aux éclats est-il vraiment en train de rire ? Et de quoi ? Dans la vie réelle, les émotions sont parfois maquillées, parfois cachées. Comment les comparer aux émotions exprimées virtuellement. Il s’intéresse également aux nouvelles façons de transmettre le savoir via les tutoriels, nos relations avec la technologie, les robots. Programme assez chargé donc, cette œuvre devrait voir le jour en 2020 à Toronto.

À la croisée des chemins, Naishi Wang présentera sa première œuvre chorégraphique à Hambourg les 14 et 15 décembre prochain et fera partie quelques jours plus tard à titre de danseur d’une œuvre de Christoph Winkler. À Montréal au MAI | Montréal Arts Interculturels, les 15 et 16 février, il présentera son travail solo, et d’ici là il continue à être un acteur important de la scène culturelle torontoise. Naishi Wang est certes un artiste complet, qui vit en totale symbiose avec son époque. Représentatif des transhumances contemporaines, il est en quelque sorte un condensé de nos préoccupations actuelles. Un réel artiste qui sait transformer le fruit de ses réflexions en œuvre abouties. Parions que nous entendrons beaucoup parlé de lui aux cours des années qui viennent.

Taking Breath:

chorégraphie solo de Naishi Wang 

Munson Theater, Friedansallee 20, Hambourg, 14 et 15 décembre 2018, 20h BILLETS

MAI | Montréal Arts Interculturels, 3680, rue Jeanne-Mance, #103, Montréal, 15 et 16 février 2019, 20h   BILLETS

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Naishi Wang in Taking Breath, Toronto, 2018 photo : Francesca Chudnoff

The geopolitic situation and the rich folkloric traditions of Changchun, Naishi Wang’s hometown, had a long influence on his work. Changchun is located a bit north to North Korea, west to Vladivostok in Russia, and east to Mongolia. The city is one of the oldest industrial cities in China. The air is polluted and many of its inhabitants develop lumps problems. The rule of one child in China has, in a certain way, brought the young Wang to dance. Very shy, having nearly nobody to talk to as his parents were working six days a week; he was raised mostly by his grandparents so he really start talking at elementary school. But quickly, dance became his favourite way of expression. His training is mostly based on diverse traditions. He learned through his “hard-core” training years Russian ballet, traditional dances from Mongolia, Tibet and many Chinese provincial folkloric movements. He moved to Canada in 2004 where he completed his formation and discovered a new world at the School of Toronto Dance Theater.

With this strong background, he danced with the Toronto Dance Theater company and got to work with many choreographers until 2015. He then went to Berlin in order to work with the choreographer Christoph Winkler, which brought him to meet Françoise Hüsges, dance dramaturgy specialist who has been named director of the Monsun Theater in Hamburg, where he will be dancing in a few days. In Montréal, he has requested by Paul-André Fortier to perform his famous solo 15 X la nuit (15 times by night), a choreography Fortier gave to very few dancers. This solo has to be danced 15 consecutive nights, however the meteorological conditions are. If Naishi still work as a freelance dancer for many choreographers in Toronto, it is now through his own creations he wants to focus. “I had problems telling stories, I’ve been holding back. I have matured, I want to tell stories, my point of view (…) to produce movement is one thing, to produce meaning from researches is another thing”.

Taking Breath is his first opus. It was premiered last spring  in Toronto and he will show it to the Hamburger audiences in mid-December and to Montreal dance fans in mid-February. Born in an industrial city where air pollution provokes all kind of damages to humans, the young choreographer reflected on how air and our ways to absorb it have an influence on our lives. “What air contains, we cannot really tell, only your body can after a long period of time.” This choreography is a long research around the concept of respiration and the air we breathe. TakingBreath came from the desire to use breathing both as a language of the movement and as a musical language. Some little bells worn on a bracelet will punctuate and amplify the rhythm and the gesture. Breath differs according to the level of fatigue, of stress. As well, the breath provokes the movements and the movement transforms the breath. TakingBreath questions languages themselves, both choreographic and spoken.

Naishi’s next choreographic work will also question language. In collaboration with Lukas Malkowski, he questions our ways to communicate. He reflects on the meaning to give to emojis, do they truly communicate a true emotion? Is the person sending an emoji laughing to tears really laughing? And laughing about what? In real life, emotions are sometimes faked, sometimes hidden. How can we compare to those expressed virtually. He also is interested by new ways of transmitting knowledge through tutorials, by our relationship with new technology, with robots. Quite a program, this new choreography should be premiered in 2020 in Toronto.

At a turning point in his career, Naishi Wang will present his first solo choreography in Hamburg on December 14 and 15 and he will participate as a dancer to a show by Christoph Winkler a few days later also in Monsun Theater. In Montréal at MAI | Montréal Arts Interculturels, on February 15 and 16, he will present his solo, and meanwhile he is still very active as a dancer on the Toronto cultural scene. Naishi Wang is a true artist, in total symbiosis with his era. Fierce part of diversity, he could be seen as a digest of our actual concerns. An artist able to transform his researches into mature works. Chances are we hear a lot from him in a near future.

Taking Breath:

solo choreography by Naishi Wang 

Munson Theater, Friedansallee 20, Hambourg, December 14 and 15 2018, 8pm TICKETS

MAI | Montréal Arts Interculturels, 3680, rue Jeanne-Mance, #103, February 15 and 16 2019, 8pm   TICKETS

Naishi Wang : SITE      INSTAGRAM    FACEBOOK    TWITTER

Naishi Wang in Henderson/Castel: voyager, Toronto photo : Richard Rhyme

about the author:

Normand Babin is a pianist working and living in Toronto since 2014, he also writes about arts for many years. In Montréal he was writing for his blog montréalistement, la Scena Musicale, La Recrue du Mois and others, he launched neomemoire in April 2018 where he is chief editor and author. 

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à propos de l’auteur:

Normand Babin est pianiste, il vit et travaille à Toronto depuis 2014 et il écrit sur les arts depuis plusieurs années. À Montréal il écrivait pour son blog montrealistement, la Scena Musicale, La recrue du mois et autres, il a lancé en avril 2018 neomemoire où il agit à titre d’éditeur et d’auteur. 

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Naishi Wang photo : Kevin Maccormack

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