Ed Pien @ 1700 la Poste

Rope Play Drawing (detail) 2011 cordes / ropes & Angel (detail) 2008-2018 encre et Flashe sur assemblage de papier / ink and Flashe on assembling of paper

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Ed Pien

1700 LA POSTE, 1700 rue Notre-Dame Ouest, Montréal, jusqu’au 20 janvier 2019

Au fond de l’âme humaine se cache souvent un ou des monstres. Ed Pien les observe, les dessine, les fait vivre devant nos yeux. À la fois inspiré par une certaine mythologie asiatique de monstres et de dragons et par les grandes violences qu’ont malheureusement créé les monstres humains, l’artiste nous donne à voir une faune poétique. Il a commencé par repérer ses propres monstres, ses propres failles en faisant des autoportraits spontanés au quotidien, un travail ne devant jamais demandé plus de trois minutes à sa réalisation. Le portrait d’hier générant celui d’aujourd’hui. Il s’est ensuite penché sur certaines monstruosités de l’histoire : le bombardement de Nagasaki, les grandes guerres, etc. En fait il ne cesse, depuis ses tout débuts, de sublimer le mal et la décadence en œuvres oniriques et fascinantes, il bâtit une nouvelle mythologie, une histoire du monde vue au travers son âme blessée et sensible.

Le 1700 la Poste présente une fois de plus une grande exposition où on a la chance de voir plusieurs œuvres de grands formats, datant de toutes les époques de créations de l’artiste. Ed Pien retouchant fréquemment ses œuvres anciennes, créant fréquemment de nouveaux assemblages de plusieurs dessins dont la création s’étalent parfois sur plusieurs décennies, c’est en quelque sorte une vue d’ensemble plutôt qu’une rétrospective que le 1700 la Poste offre aux montréalais. Au rez-de-chaussée on trouve de très grands dessins et des assemblages de dessins, de véritables instantanés car l’artiste s’impose une limite de temps à leur complétion, on y trouve également quelques exemples de son travail en photographie dont deux image de la série StopMotion où Pien fait un agrandissement d’une partie d’une photo prise à partir d’un train en mouvement. Quelques vidéos frôlant l’abstraction tant dans l’image que dans le propos complète le survol de la production de l’artiste. Enfin une installation d’une série de dessins, ghosts, dans la petite voûte de ce qui était à l’origine un bureau de poste retient l’attention.

Ghosts (detail) 1997-1998 encre sur papier / ink on paper

Les dessins nous donnent à voir une série de profils, de personnages potentiellement inquiétants entourés de petites têtes humaines. Certains des dessins sont recouverts en partie ou en totalité d’un léger papier translucide volant nonchalamment au gré d’une invisible ventilation, dévoilant ainsi certains détails de l’imagerie alors que l’éclairage de la petite pièce varie lentement passant d’un vert pâle à un vert jade bien franc. Comme le visiteur ne peut pas entrer dans la petite salle, l’installation comporte sa part de mystère, un visiteur seul et enchanté devant l’oeuvre.

Au niveau mezzanine trônent trois grandes œuvres dont un assemblage de dessins blanc sur papier noir et un de ses grands découpages sur papier shoji doublé d’un film réfléchissant, une surface qui réagit à la lumière et qui peut passer d’un gris mat à un nacré éclatant et brillant. Enfin au sous-sol, on a installé une œuvre de 2011, Revel, sorte de labyrinthe de papier transparent et reluisant dans lequel on retrouve de petites maisons flottantes et sur lequel on projette la vidéo de l’ombre d’une femme qui semble construire ces maisons. Poétique et prenante, l’œuvre demande un certain temps de contemplation pour en comprendre toutes ses couches de sens.

Revel (detail) 2011 papier Mylar découpé à la main, pierres, effets sonores et projection vidéo / handcut Mylar paper, stones, sound effects and video

La main à la fois sûre et inquiétante d’Ed Pien, cette même main qui a créé ces œuvres saisit la notre et nous dirige dans une promenade où une histoire, peut-être l’Histoire, nous est contée. Un parcours inquiétant et mystérieux, un travail minutieux et précieux. On loue Isabelle de Mévius, directrice générale et artistique du 1700 la poste et commissaire de cette exposition, d‘avoir fait ces choix exigeants et sérieux permettant ainsi aux montréalais d’ouvrir une fenêtre sur l’univers de cet artiste lumineux.

Ed Pien: site web

Rope Play Drawing (detail) 2011 cordes / ropes & Angel (detail) 2008-2018 encre et Flashe sur assemblage de papier / ink and Flashe on assembling of paper

Ed Pien

1700 LA POSTE, 1700 rue Notre-Dame West, Montréal, until January 20, 20

Human’s souls may hide a few monsters. Ed Pien observes them, draw them, brings them to life to our eyes. Both inspired by a certain Asian mythology of monsters and dragons and by the violence that some monstrous humans regrettably produced, the artist creates a poetic fauna. He first began by scrutinizing his own monsters, his own flaws by drawing spontaneous daily self-portraits, a work that he did not allowed more than three minutes to realize. Yesterday’s portrait generating today’s. Then, he reflected upon some monstrosities of the history: Nagasaki bombing, the great wars, etc. Actually, since his beginnings he constantly sublimes the evil and decadence into dreamlike and fascinating works. He builds a new mythology, a history of the World seen through his sored and sensitive soul.

The 1700 la Poste in Montreal presents once more an important exhibition where visitors can appreciate many large format artworks from every periods of production of the artist. Ed Pien reworks frequently his older works, creating new groups of drawings that have sometimes been done over many decades. It is more a general view than a retrospective that the 1700 la Poste offers to Montreal. On the ground level, we find some large drawings and groups of drawings, real snapshots because the artist allows very short limited time to their completion. We also can see some brilliant examples of his photographic work, amongst them two photographs from the series StopMotion, where he isolates a part of an image taken from a moving train. A few videos, quite abstract both in their image and topic completes the overview of the artist’s production. Finally, installed in a little vault of the used-to-be post office, a series of drawings, ghosts, deserves more attention.

The drawings show profiles of some strange and potentially dangerous characters surrounded by small human heads. Some of those drawings are partly or totally covered by a translucent paper lazily moved by an invisible fan, unveiling some details of the imagery, all this happening as the light slowly grow from very light and fresh green to a frank jade green. Because the visitor cannot enter the small room, the installation keeps an enigmatic aspect and the visitor, alone with the artwork, experience a real enchantment.

Spectral Drawings (detail) 2012-2016 encre sur papier / ink on paper

On the mezzanine level, some very large works can be seen. A group of white drawings made on black paper and a very large paper cut made on shoji paper coated with a reflecting film 3M, which when lighted transform from dark gray to a iridescent mother of pearl. Finally in the basement, Revel, an installation from 2011 is a labyrinth made of transparent and very glossy paper in which we can find some small floating houses in the same material and on which a video is projected. The video shows the shadow of a woman who seems to be building those houses. This piece requires more time in order to ingest and understand all the layers both physical and topical and once again this is captivating moment.  

The hand of Ed Pien, equally solid and somewhat frightening, the same hand that created this dark poetic work holds our hand and brings us and conducts us through this route where a story, maybe History will be told. A mysterious and worrisome journey, a meticulous and precious art. We praise Isabelle de Mévius, general and artistic director of the 1700 la Poste, and curator for this exhibition. She made meaningful and artful choices, opening a window on the luminous work of Ed Pien.

Ed Pien: site web

Sea Change(detail) 2017 film réfléchissant sur papier shoji de 3M découpé à la main / handcut reflecting film on 3M shoji paper

À propos de l’auteur :

Normand Babin est pianiste, il vit et travaille à Toronto depuis 2014 et il écrit sur les arts depuis plusieurs années. À Montréal il écrivait pour son blog montrealistement, la Scena Musicale, La recrue du mois et autres, il a lancé en avril 2018 neomemoire où il agit à titre d’éditeur et d’auteur. 

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about the author :

Normand Babin is a pianist working and living in Toronto since 2014, he also writes about arts for many years. In Montréal he was writing for his blog montréalistement, la Scena Musicale, La Recrue du Mois and others, he launched neomemoire in April 2018 where he is chief editor and author.

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