Stockhausen X 3 @ Montréal

image Geneviève Bigué

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Karlheiz Stockhausen est fort probablement le plus grand oublié des compositeurs du XXe siècle. Très peu connu du public, il a pourtant écrit nombre de pièces de très grande envergure, des œuvres rassembleuses, envoûtantes et accessible qui gagneraient à être mieux connues. Hasard du calendrier, Montréal verra au cours des prochains jours trois présentations d’oeuvres majeures du compositeur allemand mort en 2007.

Dans les dernières années de sa vie Stockhausen a écrit le projet fou d’un opéra, Licht (Lumière), qui compte sept jours en 29 heures de musiques. L’opéra a été écrit entre 1977 et 2003. Il faut savoir que les sept journées de la semaine ne sont pas dans l’ordre habituel, soit : jeudi, samedi, lundi, mardi, vendredi, mercredi, dimanche. Quatre larges extraits de cet opéra fleuve seront présenter début mars.

Kathinkas gesang als Lucifer Requiem (le Chant de Kathinka, un requiem pour Lucifer) pour flute et six percussions sera présenté dans le cadre des concerts « débuts » de l’Ensemble contemporain de Montréal (ECM+). Il s’agit de la deuxième scène de la deuxième journée, soit le samedi (Samstag aus Licht) composée en 1982-1983. La flutiste Marilène Provencher-Leduc interprètera donc Kathinka, le chat dans l’opéra qui exercera les incantations magiques qui libèrent les six sens mortels, soit : la vue, l’audition, l’odorat, le goût, le toucher et le penser ; incarnés ici par les six percussionnistes qui se déplacent autour du public portant sur eux leurs instruments. Il n’y a pas de dialogue dans cette scène. Extrait également de Samstag aus Licht, une plus courte pièce, Nasenflügletanz, pour percussion, ici Olivier Maranda, clôturera ce concert.

Dans le cadre de la Nuit Blanche de Montréal, mais également dans le cadre du Festival/Nouvelles Musiques (MNM) organisé par la Société de musique contemporaine du Québec (SMCQ) on présentera à l’agora Hydro-Québec-Cœur des sciences de l’UQAM en début et en fin d’un très long programme qui s’étirera de 18h30 samedi 2 mars jusqu’à 3h30 dimanche 3 mars, les deux pièces de musique électronique qui enchâssent la cinquième journée de l’opéra, Freitag aus Licht. Freitags-Grüss nr 62 (prologue au vendredi) à 18h30, pour une durée de 68 minutes et Freitags-Abscheid nr 62 (adieu au vendredi) à 2h30 pour une durée de 78 minutes. Les œuvres seront diffusés par deux membres d’Analog Arts: Joseph Drew et Rudolf Kämper. Composée entre 1991 et 1994, ces deux pièces de musique électronique ont été intégrées à l’opéra. Stockhausen jour ici avec le timbre, le son, étirant à l’extrême certains sons. On a droit à une œuvre contemplative, où il pourrait sembler à prime abord qu’il n’y a à peu près pas d’action. En écoutant attentivement, on y entendra toute une série d’activités dans les multiples sous-couches de sons.

Mais le mini-festival Stockhausen commence vraiment les 28 février et 1er mars avec la présentation de Klang. Karlheinz Stockhausen n’aura pas eu le temps de compléter cet autre projet ambitieux, une suite de 24 moments pour les 24 heures de la journée. Il reste tout de même 21 œuvres qui seront présentées en intégrales dans deux salles différentes à la Société des Arts Technologiques (SAT) toujours dans le cadre du festival Montréal/Nouvelles Musiques (MNM). L’ensemble Analog Arts qui se spécialise entre autres dans la présentation d’œuvres de Stockhausen sera ici accompagné par quelques membres de la SMCQ et du duo de harpistes contemporains Lilac 94. Là encore on tombe dans la démesure. Le tout est présenté deux fois, entre 10h00 et 23H45, certaines pièces se chevauchent dans l’horaire, il faudrait donc en principe assister au deux journées pour tout entendre. Ce n’est toutefois pas un prérequis pour apprécier la musique de Stockhausen. Il faut simplement arborer un esprit ouvert et avoir l’aptitude de lâcher prise sur le quotidien et la logique cartésienne, se laisser emporter dans ce maelstrom sonore. L’œuvre de Stockhausen est mystique et spirituelle, quelque part entre la méditation et la transe.

Montréalais, voilà donc votre chance de découvrir ce compositeur important et trop peu reconnu. Notre collaborateur Rémy Bélanger de Beauport assistera à Klang et nous donnera un compte-rendu dans les jours qui suivront l’événement.

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Klang

Jeudi 28 février 2019 : 10h00-23h45 et Vendredi 1 mars 2019 : 10h00-23h45

Société des arts technologiques, 1195, boulevard Saint-Laurent, Montréal

BILLETS

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La Grande Nuit (Freitag-Grüss et Freitag-Abschied)

Samedi 2 mars : 18h30 -3h30

Agora Hydro-Québec – Coeur des sciences – UQAM, 175, avenue du President Kennedy, Montréal

ENTRÉE LIBRE

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Le chant de Kathinka

Lundi 4 mars 2019 : 19h30

Théâtre Rouge du Conservatoire, 4750, rue Henri-Julien, Montréal

BILLETS

Kathinkas gasang als Lucifer Requiem photo : Hélène Gagnon

Karlheinz Stockhausen probably is the most unknown famous composer of the XXth century. Even though he wrote very ambitious works, inclusive, mesmerizing and accessible music, he is still played quite rarely and only few people really know his work. Coincidence or not, Montreal will have in the next few days three presentations of some of his major works.

In the last years of his life, Stockhausen created a mad project of an opera, Licht (Light) that has seven days for 29 hours of music. The opera was written between 1977 and 2003. We have to know that days are not in their usual order: Thursday, Saturday, Monday, Tuesday, Friday, Wednesday and Sunday. Four large extracts from Licht will be presented beginning of March.

Kathinkas gesang als Lucifer Requiem (Kathinka’s chant as Lucifer Requiem) for flute and six percussionists will be heard in the “debuts” concerts series of the Ensemble contemporain de Montréal (ECM+). This piece is the second scene of the second day, Samstag aus Licht (Saturday from Light) composed in 1982-1983. The flutist Marilène Provencher-Leduc will be Kathinka, in the opera she is a cat chanting to free Lucifer from the six mortals senses: sight, hearing, smell, taste, touch and thinking, here represented by six percussionists moving around the audience carrying their instruments. There is no dialog in this scene. Also from Samstag aus Licht, a shorter piece, Nasenflügentanz will be performed by the percussionist Olivier Maranda to end this concert.

Presented by Montreal’s Nuit Blanche but also by the Montreal/New Musics festival (MNM) organized by the Société de musique contemporaine du Québec (SMCQ) at the Agora Hydro-Québec-Coeur des sciences of the UQAM, as part of an epic program that will start at 6:30pm on Saturday March 2 to finish at 3:30am on Sunday March 3, we will hear two pieces of electronic music that surround the fifth day of the same opera, Freitag aus Licht (Friday from Light). Freitag-Grüss nr 62 (Friday greeting) at 6:30 will open the concert and Freitag-Abscheid nr 62 (Friday farewell) at 2:30am will close the event. Joseph Drew and Rudolf Kämper from Analog Arts will handle the diffusion of the electronic music. Written between 1991 and 1994, these two pieces of electronic music were added to the opera. Stockhausen plays with tones and sounds, stretching to their extreme. If this work might seem very contemplative, when listening carefully one can hear a lot of activities within the numerous layers of sounds.

This mini Stockhausen festival truly begins on February 28 and March 1st with the performance of Klang. The composer died before he could finish this other ambitious work of 24 moments of music for the 24 hours of the day. Still, there are 21 moments we will hear integrally in two different rooms at the Société des arts technologiques (SAT) also presented for the festival MNM. Analog Arts ensemble, which specialized in performing major work of Stockhausen amongst others, will join with some musicians from the SMCQ and the contemporary harpist duet Lilac 94. Once again, it might be epic. The entire work is presented twice from 10am to 11:45pm, so if someone wants to hear everything might want to go for both days, because some pieces are performed simultaneously. But this is not mandatory to enjoy this Stockhausen music. You only need an open mind, a bit of let go on the daily routine and the Cartesian logic. Let yourself be carried by this maelstrom of sounds. The work of Stockhausen is somewhat spiritual and mystic, somewhere between meditation and trance.

Friends from Montreal this is your chance to discover this wonderful artist. Our collaborator Rémy Bélanger de Beauport will be in Montréal and will be attending the performance of Klang and will give us a review in the following days.

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Klang

Thursday February 28, 2019 : 10am to 11:45pm and Friday March 1, 2019 : 10am to 11:45pm

Société des arts technologiques, 1195 Saint-Laurent boulevard, Montréal

Tickets

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La Grande Nuit (Freitag-Grüss et Freitag-Abschied)

Saturday March 2, 2019 : 6:30pm to 3:30am

Agora Hydro-Québec – Coeur des sciences – UQAM, 175 President Kennedy avenue, Montréal

FREE

Le chant de Kathinka

Monday March 4, 2019 : 7:30pm

Théâtre Rouge du Conservatoire, 4750 Henri-Julien street, Montréal

Tickets

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