David Armstrong Six + Guillaume Adjutor Provost @ Fonderie Darling

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David Armstrong Six, Night School, vue de l’exposition / exhibition view

David Armstrong Six : Night School

commissaire : Caroline Andrieux

Guillaume Adjutor Provost : Vapeurs

en conversation avec: Julie Tremble et Guillaume B.B. | commissaire : Ji-Yoon Han

Fonderie Darling, 745, rue Ottawa, Montréal | 28 février au 12 mai 2019

Guillaume Adjutor Provost, Vapeurs, 2019 (detail)

On pourrait percevoir les deux expositions qui occupent les magnifiques espaces de la Fonderie Darling comme deux méta-collages. Dans les deux cas, les artistes présentés arriment ensemble des éléments qui sont rarement vu dans un même espace-temps. La temporalité serait d’ailleurs le thème qui réuni momentanément ces deux artistes aux esthétiques relativement lointaines.

Guillaume Adjutor Provost, dans la petite salle nous offre Vapeurs. Une suite d’objets et d’œuvres qui mis ensemble décrivent les différentes couchent de l’être intangible qu’il est et qu’il serait. Un peu comme si il était possible de faire une radiographie de son être et y examiner les différentes époques de sa spiritualité intime. D’abord ces plaques aux murs, sortes de taches symétriques qui évoquent autant les tests de Rorschach que des rayons x de cage thoracique d’un genre peut-être pas tout à fait humain. Ce sont peut-être les portes d’entrée de la psyché de l’artiste. Au sol, une bande de joyeux trilobites -créatures marines d’un autre temps imbibées à l’alcool fort à même leur carapace par les bouteilles qui y sont plantées- portent nos pas vers une sorte d’autel où jonche un petit groupe d’objets, œuvres, accessoires  qui serviront bientôt, peut-être aujourd’hui à une performance, un spectacle, une mise-en-scène de l’extraordinaire. Guillaume Adjutor Provost aime bien partager et son espace d’exposition et ses scènes performatives avec d’autres artistes, ici Julie Tremble et Guillaume B.B., pour engager une conversation, faire en sorte que le travail présenté soit en constante évolution.

Tout au long de notre séjour dans la salle on est un peu dérangé, un peu fasciné par cet étrange personnage à mi-chemin entre pharaon et vampire sur vidéo qui déclame un texte de Marcel Broodhaers. Cette vidéo de Julie Tremble fait office d’oracle autant que de mise en contexte. Elle baigne et imprègne la salle d’une aura de mystère factice qui nous rend inconfortable. Cet inconfort n’est-il pas justifié ? Que faisons nous là à épier l’âme d’un autre ? Provost nous invite à y entrer et à y regarder. Mais jusqu’où peut-on nous insérer dans ce collage de ses différents égos, dans ce portrait de marques que laisse le passage du temps.

David Armstrong Six, Night School, 2019 vue de l’exposition / exhibition view

David Armstrong Six donne à voir, avec son Night School, un véritable musée, une histoire en raccourci de la sculpture. Une structure imposante, sorte d’immense tube tronqué, lisse aux couleurs claires et subtiles, une matrice qui semble donner naissance à tout ce qui l’entoure, à toutes sortes de familles de sculptures fort divergentes. Les sculptures qu’on remarque en premier lieu, qui semblent indatable, forment de petits magmas de béton. De ces masses informes ressortent des fossiles d’animaux étranges et anciens, d’immondes sangsues, de coquillages brisés. Mais pointent également de là des empreintes de pneus ou d’objets plus récents. Comme si l’on avait vaguement fouillé les sédiments d’une mer un peu glauque.

On remarque ensuite que tout autour de la très grande salle nous attendent des formes très près de l’humain, des objets satinés et longilignes en bois. Plus chaude, donc plus humaines, ces formes semblent observer le tout. D’un peu de haut, il faut bien le dire.

Ces formes lisses presque humaines qui sont disposées autour de la grande salle, comme si elles contrôlaient la confection des sculptures de béton. Ou peut-être, comme nous le laisse entendre l’artiste dans le texte de présentation sont-elles des observatrices, peut-être apprennent-elles de cette production de ces amas sculpturaux. D’ailleurs, que peut-on apprendre dans cette école de nuit ?

Peut-être, par extension, ces formes représentent-elles celui, celle qui visite l’exposition. Celle, celui qui apprends que des amalgames d’objets, de fossiles provenant de différentes époques sont possibles, parce dans la nature, les époques s’additionnent plutôt qu’elles ne se succèdent. On a ici un portrait des marques que laisse le passage du temps.

Ainsi, alors que Guillaume Adjutor Provost s’intéresse sur le passage du temps sur son âme, David Armstrong Six s’intéresse à ce que provoque le passage du temps sur la nature. Et l’humain dans tout ça ne peut qu’apprendre, de jour comme de nuit, à l’école du temps.

David Armstrong Six, Night School, detail

David Armstrong Six : Night School

curator: Caroline Andrieux

Guillaume Adjutor Provost : Vapeurs

in conservation with: Julie Tremble et Guillaume B.B. | curator : Ji-Yoon Han

Fonderie Darling, 745, rue Ottawa, Montréal | February 28 to May 12, 2019

Guillaume Adjutor Provost, Vapeurs, 2019 (detail)

One could see the two exhibitions shown in the magnificent Fonderie Darling in Montreal as two meta-collages. In both cases, the artists gathered a group of elements rarely seen in a single space and time line. The temporality could by the way be the only topic to unite these two artists with quite far apart aesthetics.

Guillaume Adjutor Provost in the little room offers Vapeurs. A group of objects and artworks, which as an ensemble describes the different layers of his being and observes the different eras of his personal spirituality. First these plates on the walls, sort of symmetrical spots that evoke as well the Rorschach test as some x rays of a probably not human thoracic cage. It might be the entrance door to the psyche of the artist. On the floor, a gang of happy trilobites –marine creatures from another era, soaked in strong alcohol directly by bottles pegged in their shell- bring our steps to a kind of altar where lies a small group of objects, works, accessories that might be used soon, maybe today for a performance, a show, a staging of the extraordinaire. Guillaume Adjutor Provost likes to share both his exhibition and his performance spaces with other artists, here Julie Tremble and Guillaume B.B., in order to start a conversation, make in such ways that his work is constantly evolving.

As we visit we are a bit annoyed and a bit fascinated by this strange character between pharaoh and vampire on a video chanting a text by Marcel Broodhaers. This video by Julie Tremble acts as an oracle as well as a contextual setting. It infuses, permeates the room with a fake mysterious feeling, making us uncomfortable. Isn’t this discomfort justified? What are we doing there, to spy on someone else’s soul? Provost invites us to come in and to watch. But up to what point is it decent to try to insert into this collage of his different egos, this portrait of what the passage of time leaves behind.

David Armstrong Six, Night School, 2019 vue de l’exposition / exhibition view

David Armstrong Six offers, with his Night School, a true museum, a short version of the history of sculpture. In the large room, a massive structure, sort of truncated tube, slick with light and subtle colors, a matrix that seems to give birth to everything around, to all kind of families of sculptures. The first sculptures one will notice, which seem to be mysteriously timeless, look like small concrete magmas. Shapeless masses from which can be extract fossils of strange and ancient animals, hideous leeches, broken shells. But can also be seen some prints of tires or more recent objects. It is as if one has vaguely rummaged the sediments of a gloomy sea.

We then notice that all around the room some shapes, very close to human shapes, silken and slender shapes are waiting for us. Warmer, so more human, these sculptures look like they observe everything. A bit arrogant, one may say.

These slick shapes, almost human, placed all around the room look like they are checking on the production of the concrete sculptures. Or maybe, as the artist let us understand in the text of presentation, are they some observers, maybe are they learning from this productions of sculptural masses. What can we learn in this night school?

Maybe, by extension, these slick shapes might be seen as the visitor to the exhibition. The visitor who then learn that a mixture of objects, of fossils coming from different eras is possible, because in nature eras added to each other more than they take turns. We get here a portrait of what the passage of the time leaves behind.

Thus, as Guillaume Adjutor Provost is interested by the passage of time on his soul, David Armstrong Six is interested by what the passage of time causes on nature. Human beings in these stories just can learn out of this, night of day, at the school of time.

David Armstong Six, Night School, 2019 vue de l’exposition / exhibition view

À propos de l’auteur :

Normand Babin est pianiste, il vit et travaille à Toronto depuis 2014 et il écrit sur les arts depuis plusieurs années. À Montréal il écrivait pour son blog montrealistement, la Scena Musicale, La recrue du mois et autres, il a lancé en avril 2018 neomemoire où il agit à titre d’éditeur et d’auteur. 

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about the author :

Normand Babin is a pianist working and living in Toronto since 2014, he also writes about arts for many years. In Montréal he was writing for his blog montréalistement, la Scena Musicale, La Recrue du Mois and others, he launched neomemoire in April 2018 where he is chief editor and author.

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