RADIOfänik @ Continuum

RADIOfänik presented by Continuum music

The Music Gallery, 918 Bathurst Street, Toronto Friday May 10, 2019, 8pm

PROGRAM

James O’Callaghan : Doubt is a Distance

Jagoda Szmytka : f* for music

Simon Steen-Andersen : Beside Besides

Yair Klartag : Nothing to Express

Nicole Lizée : I Still Think About You

Maxime Corbeil-Perron : Displacement

Nicole Lizée : Marsh Chapel Experiment

RADIOfänik is the event presented by Continuum Music requesting the largest number of kilometers of wires of any kind and the largest number of biceps to have it happen. One could believe this would be an all-electroacoustic evening of music, but it actually is not at all. We had to wait for the second part of the concert to get to hear the only piece played without the help of musicians.

Displacement from Quebec’s composer Maxime Corbeil-Perron has been constructed, according to what he said me, from its images. Stroboscopic images mounted from step motion and fixed images showing interiors of a cottage and others of a campfire. It is this very particular sound that fire produces, a sort of rumbling, a murmur, very low ranged sound, poignant and dramatic noise that is very well reproduced with electronic and that auditors will feel it deep inside. This thumping noise sustains the multi-layered music and on a superficial level, this music is as stroboscopic as the image can be. Already quite dramatic, this music would have taken its entire meaning and would have had a huge impact on the audience if the images had been presented on a larger screen. The adequate format of screen would have encompassed the audience. So it is with a certain distance that we could admire this work, which definitely deserves to be heard and mostly seen anew in better conditions.

Wise as always, James O’Callaghan mystifies everyone with a solo for snare drum. The latter is amplified and “impulses” eight other snare drums to play by themselves. Not clarifying at all the technicality, there is a lot of theater in this work. The percussionist has to write on a paper posed on the snare drum and he also have to put a plate on the same drum and eat the content. All these activities creating light sounds, which reverberate on every other snare drums. But what the audience will probably remember is this strange feeling of a breeze running around the room, a breath that make the percussions and ourselves simmering. This surrealistic poetry is executed with total commitment by percussionist Ryan Scott who also happens to be the commissioner of the work.

This was followed by two short duets: one for cello and electric guitar and another one for cello and percussion (which is played with a bow). Two sound experiments, two poetic visions. Jagoda Szmytka amplifies the cello accompanying the electric guitar but seems to gag them both, to prevent them from making any franc or clear sounds. This is the realm of the unsaid, of the hesitant and the coitus interruptus. On his side, Simon Steen-Andersen has the cello muted and the percussion was never struck directly. The drum is rubbed by the sticks, which are rubbed by the bow. Very little noise then, more like little bribes of gruppettos of notes, aborted conversations, precipitated melodies.

Nicole Lizée masters the art of seduction. In both pieces heard during that concert she attacks with mass seductive weapons: tracks of karaoke, back-vocals, beat boxes, claps, images from the 50-60s, etc. Everything is made to make the audience comfortable and to entice everyone to dance or to build a sunny scenario. The Continuum ensemble knows how to play this somewhat decadent music perfectly, music which should be listened with a bit of irony. As the composer writes in the program notes, this music can only exist in the present. This look through past, this blur our imperfect memory creates, is not from music but from the souvenirs and the feeling we have of it.

Nevertheless, what will be remembered from this concert is the lowest technologic work of the evening. A classical string quartet augmented by an electric guitar and its pedal. They take us into a maelstrom of notes, vibratos and glissandos. A wave of sounds making us breathless, a real race to the abyss that takes everyone within. Strangely, you had to listen extremely carefully to understand that this was all, besides the guitar, acoustic sounds. This work truly seems to be electroacoustic. So it ends up being the most classical piece that sounded to most synthetic. The composer, Yair Klartag shows a lot of finesse in his writing and a deep knowledge of the string instruments. We want more. Here is where the Continuum Ensemble is at its best, in the performance of this so difficult to play but so easy to love music.

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RADIOfänik presenté par Continuum music

The Music Gallery, 918 Bathurst Street, Toronto Vendredi 10 mai, 2019, 20h

PROGRAMME

James O’Callaghan : Doubt is a Distance

Jagoda Szmytka : f* for music

Simon Steen-Andersen : Beside Besides

Yair Klartag : Nothing to Express

Nicole Lizée : I Still Think About You

Maxime Corbeil-Perron : Displacement

Nicole Lizée : Marsh Chapel Experiment

RADIOfänik est l’événement présenté par Continuum Music demandant le plus grand nombre de kilomètres de fils en tout genre et le plus grand nombre de bras pour sa réalisation. Si on pourrait a priori croire que ce concert ne serait qu’électroacoustique, il n’en est rien. En fait il faudra attendre la deuxième partie du concert pour entendre la seule pièce présentée qui s’exécutait sans musicien.

Displacement du compositeur québécois Maxime Corbeil-Perron a été construite, selon ses propres dires, à partir de ses images. Des images stroboscopiques, montées à partir de plans fixes ou en step-motion, nous donnent à voir des intérieurs de maison de campagne et autres images de feu de camp. C’est d’ailleurs ce grondement que le feu produit, ce son très grave, très poignant et dramatique qui est parfaitement rendu à l’électronique que l’auditeur ressentira profondément. Un grondement sourd qui soutient les multiples couches sonores, alors qu’en surface la musique est aussi stroboscopique que l’image. Déjà très dramatique, cette musique aurait pu prendre tout son sens et surtout avoir un impact énorme sur l’auditoire si l’image avait été présentée sur un écran de grande dimension. Un format d’écran adéquat aurait englobé le spectateur. C’est donc avec une certaine distanciation que nous avons pu admirer cette œuvre qui devra être réentendue et surtout revue dans de meilleures conditions.

Fin renard comme toujours, James O’Callaghan nous mystifie avec un solo de caisse claire. Celle-ci est amplifié et« provoque » huit autres caisses claires qui semblent jouer par elles mêmes. N’expliquant en rien le fonctionnement technique de la chose, il y a en plus beaucoup de théâtre dans cette musique : le musicien doit écrire sur un papier posé sur la peau du tambour, doit manger dans une assiette également posée sur la caisse claire. Actions qui provoquent également des sons, va sans dire.  Mais ce que retiendra l’auditeur ressemble plutôt à une sensation de vents qui tournent autour de la salle, un souffle qui fait vibrer les percussions, nous faisant frémir au passage. Une poésie surréaliste rendue avec beaucoup de conviction par le percussionniste Ryan Scott également commanditaire de cette partition.

Deux courts duos suivaient: un de violoncelle et guitare électrique et l’autre de violoncelle et percussion (jouer avec un archet !). Deux expérimentations sonores, deux visions poétiques. Jagoda Szmytka amplifie le violoncelle qui accompagne la guitare électrique mais semble les bâillonner, les empêcher de sons francs et clairs. S’ensuit une mélodie hésitante, un monde de non-dits, de coïts interrompus. Tandis que Simon Steen-Andersen met le violoncelle en sourdine et la caisse claire n’est jamais frappée directement, mais par le frottement d’un archet sur les bâtons qui eux se frottent à la peau de la percussion. Peu de bruits donc, plutôt des bribes de gruppettos de notes, des conversations avortées, des mélodies précipitées.

Nicole Lizée maîtrise parfaitement l’art de la séduction. Dans les deux pièces entendues au cours du concert, elle a sortie l’artillerie lourde : des pistes de karaoké, des back-vocals, boîtes à rythme, claps, images des années 50-60, etc. Tout pour rendre l’auditeur confortable, lui donner envie de danser ou pour s’imaginer toute une belle histoire. L’ensemble sait rendre à perfection cette musique un peu décadente qui doit être écoutée avec un brin d’ironie. Il est vrai, comme elle l’écrit dans le programme, que cette musique ne peut exister qu’au présent. C’est ce regard sur le passé et cet embrouillage que notre mémoire imparfaite créé à partir non pas des éléments entendus mais à partir des souvenirs, des sensations qu’ils évoquent, qui écrivent cette musique.

Au final, ce qu’on retiendra toutefois de ce concert sera la pièce la moins technologique du lot. Un quatuor à cordes classique augmenté d’une guitare électrique qui joue de sa pédale nous guide dans un véritable maelstrom de notes, de vibratos, de glissandos. Une déferlante de sons nous tenant en haleine, et une véritable course à l’abîme en final qui nous emporte. Bizarrement, il fallait se pincer et demeurer parfaitement alerte pour bien comprendre que dans toute cette musique, hormis la guitare, tout était acoustique. Car cette pièce sonne comme de l’électroacoustique. C’est donc la pièce la plus classique qui semblera la plus synthétique ! Le compositeur Yair Klartag démontre une grande finesse d’écriture et une impressionnante connaissance des instruments à corde. On en redemande. Voilà d’ailleurs où l’ensemble Continuum excelle, soit dans l’exécution de cette musique difficile à jouer, et si facile à aimer !

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