Yves Charuest & Yannick Chayer @ Small Scale Music

Small Scale Music offrait récemment deux enregistrements de musique expérimentale et improvisée, tous deux consacrés au saxophone. Plus jeune instrument à avoir joint la ligue des instruments de musique de concert, ou classique, le saxophone a surtout été bien représenté dans le jazz. C’est d’ailleurs par le jazz que la carrière d’Yves Charuest a débuté.

Recently, Small Scale Music offered two recordings of experimental and improvised music, both dedicated to the saxophone. Most recent instrument to be included in concert, or classical music, the saxophone have mostly been heard in jazz. This is also with jazz music Yves Charuest began his career.

Yves Charuest : Le territoire de l’anche

Yves Charuest : saxophone

Small Scale Music – SSM-022

Dans son tout premier album solo, ce qui étonne considérant la longue feuille de route d’Yves Charuest qui a joué dans tous les types de formations, d’abord en jazz expérimental pour ensuite se dirigé plutôt vers l’improvisation et une expérimentation plus radicale; le saxophoniste explore probablement toutes les possibilités de son instrument. 

Dès la fin de la première plage, La parabole du cône, on se dit qu’on a entendu tous les sons qu’un saxophone peut produire. L’artiste nous renvoie dans les cables dès la première note de la piste suivante! On croirait ne pas entendre le même instrument. On a l’impression d’entendre un petit animal au souffle court, très nerveux, à l’affût de tout, un son empli de peur et d’angoisse. Mais en même temps, on entend aussi une étude de virtuosité. Il nous surprend à nouveau dans Arundo donax, Adorno don’t ask, où son instrument sonne comme un instrument folklorique du Moyen-Orient ou du Moyen-Âge, au choix et alors que tout s’accélère, les sons montent au plus haut du registre, les harmoniques couinent et mènent à une fin presque muette. Dans Interstial Defect, le saxophoniste cacarde, un peu comme l’oie. Dans la dernière pièce, Anémophile, le vent, le souffle du saxophone semble représenter la pollinisation d’autres musiques, d’autres possibilités, comme si le saxophone pouvait produire à l’infini des sons nouveaux.

Ainsi, Yves Charuest improvise avec toujours un propos, une idée. Il a cette rare qualité de pouvoir improviser tout en nous faisant comprendre la structure de sa musique. Il nous prend par la main et nous fait parcourir le chemin qu’il a choisi et nous amène directement là où il a bien voulu. On y entend un début, un développement, une fin, comme dans la musique écrite. Ce qui nous aide à apprécier et aimer cette musique. 

Disponible version CD ou téléchargement sur Bandcamp

Through his first solo album, quite a surprise considering the long career Yves Charuest already has : he played in all types of formations, in experimental jazz primarily to then move towards improvisation and a more radical experimentation; the saxophonist explores all the possible sounds his instrument can produce. 

After the first piece, La parabole du cône, we think we’ve heard every sound a saxophone can produce. But the artist punches us right after the very first note of the following track. We could think it is not the same instrument. There is this feeling of hearing a small short-breathed animal, nervous and very aware, a sound full of fear and anxiety. Strangely we also hear a virtuosity piece in this particular one. The musician surprises us again in Arundo donax, Adorno don’t ask, in which his instrument suddenly sounds like a folkloric instrument from the Middle-East, or the Middle-Ages, up to you to choose and as everything gets quicker, as the pitch raises to the highest range, harmonics squeak and bring the listener to an almost muted ending. In Interstial Defect, the saxophonist honks a bit like a goose. In the final track, Anémophile, the wind, the breath of the saxophone may represent the pollination towards other musics, other possibilities, as if the musician could produce an infinite number of new sounds.

Thus, Yves Charuest improvises within a context, an idea in mind. He has this rare quality to be able to improvise and make the listener feel the structure of his music. He quietly brings the listener directly where he wants. One can hear a beginning, a development, an end as if it were written music. Which certainly help to appreciate and like his music.

Available in CD or downloadable version on Bandcamp 

Yannick Chayer : Gebilde

Yannick Chayer : saxophone, synthétiseurs/synthesizer, percussions, effets/effects

Small Scale Music – SSM-023

L’artiste multidisciplinaire Yannick Chayer offre une approche différente. S’accompagnant à la percussion et aux synthétiseurs, il offre un son de saxophone très clair, pimpant, près de celui de la clarinette. Son album est presque joyeux, un peu forain, parfois jubilatoire avec toujours un fond grinçant. À l’image des dessins/peintures qu’il produit, on peut voir son travail à la galerie Youn à Montréal, on a l’impression d’assister à une foire, une floraison qui se déroulerait dans un espace-temps imprégné par la douleur du monde. Dans Collecting Reverberations on peut entendre une évocation lointaine du Prélude à l’après-midi d’un faune de Debussy qui se développerait dans un environnement plus électro où le saxophone d’abord assez langoureux devient plus en plus agité et nerveux. Dans Août le 26 mars, il y a une joute entre soliste, le saxophone à la stridence d’une cornemuse, et ce qu’on pourrait presque définir comme un orchestre. Like a pimp est une pièce plus complexe. L’improvisation du saxophone virevolte au-dessus d’un semblant de choral (est-ce à cause de l’orgue-synthé?), devient de plus en plus désinvolte, bruyante et conclue dans un brouhaha de conversations enflammées. Un album surprenant à plusieurs égards, Gebilde de Yannick Chayer trouvera sa place tant auprès des amateurs de noise que des amateurs de musique déjantée et innovante. 

Disponible en version CD ou téléchargement sur Bandcamp

The multidisciplinary artist Yannick offers a different approach. Accompanying himself with percussions and synthesizer, he produces a very clear sound on the saxophone, a spruce sound, pretty close to what a clarinet can sound. His album is almost joyful, a tad fairground, sometimes jubilant always over a grimacing background. Similar to the drawings and paintings he produces, his work can be seen at Youn Gallery in Montreal, we are experiencing a fair, a blooming that would occur in a world in pain. In Collecting Reverberations one can hear some evocation of the Prélude à l’après-midi d’un faune by Debussy evolving into a more electronic environment where the saxophone is first quite languid and becomes more and more agitated and nervous. In Août le 26 mars, there is a game between the soloist, the saxophone as shrill as a hornpipe, and what could be define as an orchestra. Like a pimp is more of a complex piece. The improvisation of the saxophone flies high over what seems to be a choral (is it because of the synth-organ?), becomes more and more casual, noisy and concludes into a messy and heated conversation. A surprising album on many aspects, Gebilde by Yannick Chayer will find its audience through noize lovers as well as through those who like innovative and somewhat off the tracks music. 

Available in CD or downloadable version on Bandcamp

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