Jules Clara : Parenthèse suisse

Jules Clara : Parenthèse suisse

collection Encrages, éditions Triptyque, Montréal, 2020, 107pp

Parenthèse suisse est le curieux récit de l’apprivoisement d’une ville. L’autrice, Jules Clara, nous partage sa vision de la petite ville de Fribourg en Suisse dans un ouvrage d’autofiction aux accents de guide de survie, loin, très loin du simple guide de voyage.

Elle y débarque pour ses études. Elle décrit sa rencontre avec ses (intransigeantes) colocataires et ses futurs-es amis-es, ses promenades dans les rues, ses premières cuites, ses aventures sentimentales, ou plutôt sexuelles. On y entend les petits bruits de la petite ville, on y voit les montagnes qui surplombent tout, on y ressent la température de l’eau. En parallèle on observe l’histoire d’amour d’une femme, plus âgée que la narratrice, peut-être la narratrice dans un futur proche. Une histoire qui se déroule en escapade à Lausanne, tout près de Fribourg, sur le bord du lac Léman.

Les courts chapitres nous laissent entrevoir un pan de la vie et les multiples déclinaisons du déracinement. Car voilà, c’est bien de déracinement qu’il s’agit. Même le pays rêvé depuis l’enfance s’avère différent de ce que nous avions en tête. Comment gère-t-on ce sentiment qui est à la fois désillusion et enthousiasme? Comment s’intègre-t-on à une société dont on ne détient pas encore tous les codes? Les réponses viennent peut-être via cette histoire d’amour imaginée à Lausanne. Quoique les réponses ne sont pas toujours nécessaires…

Dans un style près de l’écriture d’un journal intime, dans un vocabulaire assez simple mâtiné de quelques expressions québécoises, Jules Clara se confie à nous. Elle nous invite à parcourir ses réflexions sans artifices littéraires, avec une pure sincérité. Cette première publication de l’autrice née « au Québec dans son corps, en Suisse dans sa tête » raconte avec éloquence l’inconfort d’être l’étranger-ère, l’ambivalence entre l’impression de ne pas être à sa place et celle de justement être enfin arrivé là où on aurait toujours dû être. La lecture provoque étrangement ces mêmes sentiments. Au lieu de nous décrire le déracinement, l’autrice nous le fait vivre avec elle. Curieux et intrigant récit donc, qui nous emporte dans un ailleurs à la fois rêvé et réel, réconfortant et dérangeant.

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