Isabelle Clermont : Paysage

English follows

Isabelle Clermont, musique | Geneviève Giroux, linogravure : Paysage

Isabelle Clermont : harpe, voix, sampling | Geneviève Giroux, linogravure

Tour de bras, 2020

La harpe est probablement un des instruments des plus négligés des 50-60 dernières années. Pourtant. L’album Paysage d’Isabelle Clermont nous démontre que pour cet instrument – trop souvent bêtement qualifié de céleste ou d’angélique – les possibilités sont presque infinies.

Dans cet album solo, Isabelle Clermont ne se contente pas simplement de jouer de la harpe, elle fait également office de vocaliste et s’occupe elle-même du sampling, du traitement électronique qu’elle fait aux sons qu’elle produit ou qu’elle emprunte. Il en ressort un album cohérent, une atmosphère à la fois aérienne et aérée. Ces paysages ne font qu’un. Isabelle Clermont démontre certes un sens inné de la performance mais aussi, et c’est beaucoup plus rare, un sens de la structure. Toujours l’auditeur-trice sent bien où on s’en va, comment les idées (ou les thèmes) se développent, comment les mouvements s’emballent d’abord pour ensuite s’épuiser et décliner. Lorsque vous achèterez la version CD de Paysage, vous recevrez également une linogravure signée et numérotée de Geneviève Giroux. Cette image abstraite, par sa composition, évoque adéquatement les structures qui sous-tendent le travail d’isabelle Clermont. Le CD devient ainsi un objet de collection.

S’il fallait imaginer à quoi ressemble ce Paysage, il faudrait probablement se tourner vers la forêt laurentienne. Une forêt bruissante, remplie de petites bêtes qui produisent de petits sons, des couinements, des micro-événements tout en subtilité. Dans Échantillonages parfaits, l’artiste nous envoûte d’abord avec une sorte de mantra qui laisse petit à petit entendre des voix au loin, on croirait entendre des chants de la Renaissance, viendra ensuite un poème déclamé. La musicienne s’amuse à modifier la vitesse de diffusion de la voix qui ainsi monte comme si elle avait inhalé de l’hélium, pour ensuite ralentir, descendant le registre, semblant s’aplatir. Dans Drones harpés, une pulsation s’installe dès les premières mesures (si mesure il y a), rendant l’écoute haletante, un rythme discret qui sous-tend la courte pièce. Ici le son de la harpe est amplifié et presque rock au départ. Seule la dernière plage, Confiner l’habitable, malgré son titre, se permet quelques éclats, devient plus rythmique, on y entend des feux d’artifices, une énergie positive qui s’ouvre sur de futurs paysages, de nouveaux horizons. Voici donc un album cohérent, tout en finesse où la harpe a enfin la place qui lui revient.

Commandez votre version numérique ou CD sur Bandcamp

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Isabelle Clermont, music | Geneviève Giroux, linocut : Paysage

Isabelle Clermont : harp, voice, sampling | Geneviève Giroux, linocut

Tour de bras, 2020

The harp is probably one of the most neglected instruments over the last 50-60 years. The new album by Isabelle Clermont, Paysage, shows that the harp has infinite possibilities of sounds and can be quite far from the celestial and angelic melodies it casually is used for.

In this solo album, Isabelle Clermont goes beyond harp playing and also perform as a vocalist and she has also made all the samplings and electronic manipulations. This results into a coherent album, into an aerial and airy ambiance. These landscapes can be seen as one. Isabelle Clermont shows a natural talent for performance but also a rare talent in structuring the music. The listener can always feel where this music is going, can feel how the ideas (or themes) develops, how the movements first get carried away to exhaust and decline after. When you will buy the CD version of Paysage you will also receive a linocut signed and numbered by Geneviève Giroux. The abstract image recalls adequately the structures underlying the music of Isabelle Clermont. The CD also becomes a collector’s item.

If one could describe the landscapes (paysages) we are facing here, it should be close to the Laurentian forest. A forest filled with quiet noises, little beasts producing little sounds, squeaks, some subtle micro-events. In Échantillonnages parfaits, the artist captivates us with some kind of mantra yielding slowly to some voices heard from afar, it could be some songs from the Renaissance. Comes after, the declamation of a poem. She plays with those voices, transforms them, rise or decrease the speed (and the pitch) so the voice get high as after the inhalation of helium gas or slow, low, and deflating. In Drones harpés, there is a pulse right form the start, making the listener panting, a discreet rhythm underlying the piece. At some point, the amplified harp almost gets a rock-like sound. On the last track, Confiner l’habitable, the artist allows herself some sparkles, the music is more rhythmical, one can hear some fireworks, a positive energy opening on more landscapes, new horizons. This album is truly coherent and refined, and at last, the harp gets the spotlight it deserves.

You can order digital or CD version on Bandcamp

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