Quatuor Bozzini : Alvin Lucier, Navigations

Alvin Lucier : Navigations

Quatuor Bozzini : Isabelle Bozzini, violoncelle | Stéphanie Bozzini, alto | Alissa Cheung, violon | Clemens Merkel, violon

Alvin Lucier : Disappearances | Group Tapper | Unamuno | Group Tapper | Navigations

CBQ 2128_NUM

Si l’art abstrait vous passionne, cet album est probablement pour vous. Les pièces de ce nouvel enregistrement du quatuor Bozzini sont toutes du compositeur américain Alvin Lucier et ont toutes un concept simple et clair. La première pièce, Disappearances, consiste en un unison qui dure près de 17 minutes. Bien entendu, il y a des bifurcations, de petites excursions dans les quarts de tons, un unison pas toujours si uni. Si vous avez l’oreille fine, vous entendrez également les harmoniques. Mais ce qu’il faut souligner à grands traits c’est l’exécution de cette pièce dans une parfaite linéarité du son. Jamais on entendra un coup d’archet, jamais le son ne faibli ou ne s’amplifie. Une immense plage de son presque infinie, comme le serait une peinture en color field. On ne sait pas trop où ça commence, ni où ça finit. L’important réside dans l’expérience, le ressenti en écoutant ce champ de son vaste et plane de la même façon que la plus intéressante façon de voir une œuvre picturale abstraite est de se demander non pas ce qu’on comprend mais bien ce qu’on ressent.

Tout au long de cet album, les instrumentistes seront appelés à s’écarter sensiblement de leur technique habituelle pour devenir percussionnistes dans les deux Group Tapper. On tapote sur les instruments, on produit toutes sortes de bruits avec les archets et avec divers objets. Vers la fin du deuxième Group Tapper, on entend même un ballon rebondir. Les musiciens deviennent aussi chanteurs dans Unamuno. Ils chantent la note qu’ils jouent, créant du petits « accords » ou plutôt des grappes de quatre sons. Les sons tant à la voix qu’à l’instrument sont gardés jusqu’au début du prochain cluster. Très séduisante, cette œuvre brève rappelle vaguement les expérimentations de musiques ambiantes des années 80.

Le quatuor Bozzini nous hypnotise et nous envoûte du début jusqu’à la fin de cet album. Un album qui devrait rayonner bien au-delà des publics habituels de la musique actuelle. L’œuvre d’Alvin Lucier est accessible, comme l’est par exemple celle de Steve Reich, et l’excellente interprétation qu’en fait le quatuor Bozzini a tout ce qu’il faut pour devenir référentielle.  

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Alvin Lucier : Navigations

Quatuor Bozzini : Isabelle Bozzini, cello | Stéphanie Bozzini, viola | Alissa Cheung, violin | Clemens Merkel, violin

Alvin Lucier : Disappearances | Group Tapper | Unamuno | Group Tapper | Navigations

CBQ 2128_NUM

If abstract art is your thing, this album will probably please you. The works on this new album by Quatuor Bozzini are all by American composer Alvin Lucier and they all have a clear and simple concept. The first piece, Disappearances, is a unison that last about 17 minutes. Of course, there are some twists, small bifurcations towards quarter tones, it is a unison not always consisting of a unique sound, but most of the time. If your ears work well, you should also be able to hear some harmonics. What should really strike here is the exceptional quality of the performance, which gives the perfect linearity of the sound. Never will you hear any stroke of the bow nor will the sound diminish of increase in volume. A vast field of an almost infinite sound, as we could see in a color field painting. You don’t really know where it starts and don’t really know where it ends. The important point in experiencing this listening is, as when you look at an abstract visual artwork, to ask yourself what you feel instead of what you understand.

All along this recording, the musicians will be requested to deviate seriously from their usual instrumental technique, for example they act as percussionists in the two pieces named Group Tapper. They tap on their instrument, make all sort of noise with their bows and with diverse objects. Through the end of the second Group Tapper, we clearly hear a ball bouncing. The musicians also become singers in Unamuno. They sing the note they also play on their instrument, creating small clusters of sound. These sounds are hold both with their voice and their instrument until the beginning of the next cluster. Very attractive, this short piece recalls a bit of the experimental ambient music from the 80s.

Quatuor Bozzini hypnotizes and captivates us from beginning to end on this album, which should shine beyond the usual contemporary music goers. The art of Alvin Lucier is accessible, as Steve Reich’s is for example, and this excellent performance has the potential to become referential.

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