Pauvreté

Pauvreté

récits sous la direction de Stéphanie Roussel,

avec des textes de Marie-Célie Agnant, Jennifer Bélanger, Pascale Bérubé, Marilou Craft, Nicholas Dawson, Jean-Guy Forget, Jonathan Lemire, Mariève Maréchale, Alex Noël, Emmanuelle Riendeau, Karine Rosso et Stéphanie Roussel

Éditions Triptyque, collection Encrages, 2020. 125pp

Lu dans l’urgence, non seulement parce que le sujet m’intéressait mais surtout parce qu’il me touchait, Pauvreté m’a d’abord laissé un peu indifférent. Peut-être déçu de ne pas y avoir retrouvé mes propres craintes ou mes propres déboires. Mais à la relecture de ces textes, j’y ai enfin vu un recueil de textes pudiques et émouvants. Il fallait lire un peu plus lentement, certains textes demandent un certain apprivoisement. À la fin, force est d’admettre que ce qu’il faut peut-être retenir de ce recueil est que nous sommes toustes les pauvres d’un-e autre. Que la pauvreté se vit d’autant de façon qu’il y a d’humains sur la planète. Que la personne pauvre d’hier se sentira riche aujourd’hui et son contraire.

Dans Pauvreté les récits s’accumulent et portent souvent en eux la lourdeur de la honte. L’enfance, teintée de précarités comme l’écrit Stéphanie Roussel et comme le raconte également Alex Noël, semble être le lieu où s’engouffre les rêves brisés. Les parents, parfois immigrants, comme ceux de Karine Rosso, Nicholas Dawson et de Marilou Craft, se désâment pour faire survivre leur petite ou grande famille. Le travail de nuit, le travail dont personne ne veut, le travail qui maintient dans la pauvreté. Parfois, la pauvreté se développe à l’âge adulte. Emmanuelle Riendeau raconte qu’ayant vécu une enfance relativement aisée, un début dans la vie assez confortable grâce à un héritage, qu’elle n’arrive plus, une fois adulte, à compter ou à économiser. Tellement qu’elle prendra les grands moyens pour satisfaire ses envies et ses plaisirs en se vendant pour quelques heures au plus offrant. Pascale Bérubé et Jean-Guy Forget essaient de bannir la honte de leur vocabulaire et soignent leur apparence jusqu’à parfois sacrifier les besoins de base. L’apparence de « non-pauvreté » offre l’espoir d’une vie plus épanouie. Nicholas Dawson ne peut s’empêcher de se comparer à son frère qui a renié sa personne artistique pour devenir avocat de truand à la petite semaine. Qui de Nicholas ou de son frère, jamais nommé, est le plus pauvre?

Elle est là toute la question. Qu’est-ce que la pauvreté? Est-ce que seule la pauvreté matérielle compte? Est-ce que la pauvreté matérielle influence à long terme la vie intellectuelle, artistique? Quand la pauvreté devient-elle plus ou moins prégnante que l’estime de soi?

Voilà les questions auxquelles ces récits nous forceront à réfléchir. Stéphanie Roussel s’est adressée ainsi à celleux qui ont accepté de participer à ce projet : « Salut, j’ai une question pour toi qui peut paraître un peu intrusive : as-tu déjà été pauvre? » Toustes ont répondu oui!

Et vous, êtes-vous pauvre?

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