Émilie Hould : terrains fertiles

Émilie Hould : terrains fertiles

Éditions Omri, 2021

Des courants de vertige me portaient,

la peur ne me dérangeait pas.

L’artiste Émilie Hould publiait tout récemment son premier livre. On ne parle pas vraiment de recueil mais plutôt d’un récit en forme de poème ou d’un poème en forme de récit, comme vous voulez. Avec ses illustrations, ça en fait aussi un parent proche du roman graphique.

Dans terrains fertiles, Émilie Hould raconte un rite de passage, de la naïveté à la conscience, de l’attente à l’action. Par un coucher de soleil, elle voit sa vie se dessiner devant elle. Émilie Hould, qui est d’ailleurs diplômée en arts visuels, a de plus réalisé les illustrations qui accompagnent le long poème en prose et plutôt que d’utiliser une fonte graphique traditionnelle, elle semble avoir elle-même calligraphié le texte en lettres cursives. On tient donc une oeuvre complète: on lit d’abord pour savoir ce que ça raconte, on relit pour admirer la qualité d’écriture et on recommence pour goûter plus attentivement les illustrations. Bel objet autant littéraire qu’artistique. Son dessin s’apparente à celui des peintres naïfs comme Marc Aurèle Fortin par exemple. Les couleurs sont vives et saturées, d’ailleurs l’image plus haut leur rend bien mal justice. Sa langue en est une du quotidien, une poésie simple et accessible.

Au cours de la dernière année, plusieurs ont (re)découvert la poésie. On a soudainement eu besoin d’élévation et de sublimation dans notre quotidien inintéressant. Pour celle et celui qui voudrait s’initier au monde de la poésie, terrains fertiles pourrait s’avérer un choix judicieux. Pour les familiers au genre, on y découvrira une nouvelle voix remplie d’espoirs et de rêves, à l’image de la narratrice de ce livre soyeux et chaleureux.

Sur les formes hybrides en littérature

Les parutions hybrides se sont multipliées au cours des dernières années. Si cette tendance se maintient, et tout porte à le croire, il faudra peut-être repenser les catégories des divers prix littéraires. Puisqu’une partie importante de ce qu’écrit la nouvelle génération d’écrivain-es ne rentre pas dans les cases ‘roman’ ‘essai’ ‘théâtre’ ‘poésie’, il faudra bien penser à une nouvelle façon de les récompenser. Peut-être pourrait-il y avoir désormais des prix pour la réinvention des formes littéraires? Ce serait déjà ça.

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